Ceciel, Tête en l’air…

 
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Oeillets rouges à la boutonnière et grosses quiches

L’inconvénient, quand on a une vie parallèle sur internet c’est qu’il n’est pas si facile de rester soi-même lorsqu’on rencontre ses web-copines pour de vrai.

Pour quelle raison? Hum. Le moment est venu, je le crains, de casser le mythe et de vous avouer quelques terribles vérités à mon propos :

- il n’est pas écrit Céciel sur ma carte d’identité

- dans le civil, je plutôt du genre souris consensuelle que grande prêtresse de la causticité

- je mesure 1,57 m

Donc voilà. Lorsque le moment de me dévoiler arriva je fus, comme qui dirait, désarmée. (J’en resterais là avec le passé simple. On n’est pas chez la comtesse de Ségur et le bon vieux duo imparfait/passé-composé devrait suffire à vous tenir en haleine. Enfin j’espère).

Tout a commencé lorsque mes copines forumeuses m’ont proposé une rencontre un mercredi aprés-midi. Mon premier reflexe a été de prendre mes jambes à mon cou et de ne jamais revenir sur le site. Ou simuler la mort virtuelle. Pas facile avec un blog à faire vivre quotidiennement.
Relancée par une web-copine dont le prénom se termine en A mais-je-l’aime-bien-quand-même, j’ai malgré tout commencé à y réfléchir. L’envie de voir des bébés de l’âge du mien, et des mamans en proie aux même problématiques que les miennes ont fini par me convaincre. J’ai accepté.

Début de la depression hostile foudroyante. Oh-la-la l’angoisse. Et comment je m’habille? Et comment je me rends jusqu’au Poussette Café ? Voiture? Covoiturage? RER? Taxi? Cheval? Et les filles elles vont pas me trouver trop snob? Trop jeune? Trop vieille? Trop blonde? Trop tout?…etc.

Je finis par me rassembler et me bouger les fesses.

 

Premier problème, j’ai un rendez-vous important avant la grande web-rencontre. Me voilà atiffée comme une fille qui a voulu se faire belle. Bonjour la décontraction et le naturel.

Deuxième problème. Je suis en avance. Le truc insensé qui ne m’était jamais arrivé de ma vie. Et il fallait que ça tombe aujourd’hui. Finalement je décide que ça tombe bien, j’ai pas mangé. Je commande une quiche.

La quiche sera donc le thème de l’aprés-midi.

Parcequ’immédiatement après l’arrivée de l’assiette à ma table, une maman arrive. Elle se défait péniblement de la longue écharpe de portage qui enveloppe son bébé. J’ai un doute : ferait-elle partie de notre groupe. Je décide que non, et me réatable devant ma quiche. J’enfourne une première bouchée et j’entends la dame dire : « heu…j’ai rendez-vous avec des personnes que je ne connais pas…elles sont arrivées? ». Sourire goguenard de la tenancière. Elle me désigne du doigt : « Madame est la première ». Je te dis pas la stigmatisation.

Trop mal à l’aise, je me présente : « Cécile. Enfin, Ceciel. » Dieu merci mon pseudo n’est pas totalement ridicule, mais le dire à voix haute ça fait bizarre quand même.

Et là…la fille me répond : « Enchantée. Je suis Kinder Surprise ».

Le ridicule de la situation m’explose au visage. Il est 14h30, je suis attablée devant une quiche dans un salon de thé pour mamans alors que ma fille n’est pas là, j’ai rendez-vous avec 15 filles que je connais pas et nos pseudos ridicules vont nous ôter toute dignité dès les présentations. J’en veux pour preuve les joues rouges de Kinder Surprise qui doit se demander ce qui lui a pris le jour où elle a choisi ce surnom régressif.

Pour rajouter à ma peine, la Kinder Surprise a un bébé gigantesque qui me fait encore plus culpabiliser sur le micro-gabarit de ma crevette de 4,8 kg pour 3 mois. Un ange passe. Qu’est-ce-que je peux bien raconter à une fille qui s’appelle Kinder Surprise et à qui j’ai dû adresser la parole 3 fois dans ma vie, par écran interposés ? Je commence à regretter d’être venue.

Finalement, peu à peu, nos acolytes nous rejoignent. Je commence à apprécier ma position de première arrivée, qui me confère une aura de maîtresse des lieux, ainsi que l’absence de Jolibébé qui me permet de me mouvoir facilement sans un petit colis braillant sous le bras. Je deviens cool comme Fonzie, et vas-y qu’on joue à la dinette toutes en choeur. Je me prends au jeu, ça mange pas de pain.

Ma quiche refroidit. Il est 15 h30. Nous sommes au complet. Ma Web-copine est enfin arrivée après 45 minutes de cherchage de place de parking dans Paris. Ouf.

J’observe les convives. L’une d’elle en particulier m’interpelle. Si jeune, si fraîche et déjà 4 enfants. Sur le web je l’imaginais matronne débonnaire, je la découvre jeune fille pétillante. Une autre, elle, me semble plus âgée et directive que ce que je l’imaginais. Une troisième me frappe par sa jeunesse. Nous sommes si gamines. Avant, les mamans m’apparaissaient comme des adultes; aujourd’hui je m’aperçois que nous sommes toutes des petites filles qui jouent à la poupée. Mais avec tant d’humour, d’amour, d’attention. On rigole. Tellement bizarre, de se découvrir des visages, des voix. Une drôle de parenthèse.

Le temps file. Ma quiche est morte. Jolibébé me manque. Je m’enfuis la première. Une petite vengeance de peste à couettes. On se refait pas…

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 25 janvier, 2008
A 20:30
Commentaires : 5
 
 
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Portugal, le retour

Hé non, je ne reviens pas du Portugal.
Et d’ailleurs j’ai de moins en moins envie d’y mettre un jour les pieds.

Pourquoi tant de haine?

Devinez qui a sonné à notre porte ce soir, vers 20 heures? Si tu es un habitué de ce blog, tu as déjà la réponse. Je te le donne en mille : la concierge!

Résumé des épisodes précédents :

La portugaise concierge a une fille qui, pendant mon congé maternité, nous avait convaincu de devenir la nounou de Jolibébé. Devant tant de motivation, nous avions accepté volontiers et cessé en conséquence toute autre recherche parallèle. Sauf que. Trois semaines avant la reprise du travail, la fille nous lâche pour des motifs scabreux. D’où une recherche effrenée de nounou en catastrophe.
Pas farouche, elle revient quand même chez nous un soir la bouche enfarinée pour demander un service quasi-illégal, en plus. Que nous lui rendons pour se débarasser de la bête. Quelle erreur.

Car hier soir, nous voyons débarquer sa mère vers 20 heures, paniquée, échevelée, qui nous passe ladite fille sur son téléphone portable, pour nous raconter une sombre histoire incompréhensible de voiture en panne à Aubervilliers, de fourrière et de pneu crevés. On se demande un peu le pourquoi du comment et qu’est-ce-qui nous concerne là-dedans, lorsqu’arrive the bombe.
Car figurez-vous que, non contente de nous avoir plombé sur la garde de Jolibébé, d’avoir abusé de notre gentillesse, de nous avoir narré sans honte ses stratagèmes pour berner la sécu et son employeur, la jeune naïve estime sûrement que nous faisons à présent partie de la même famille. Je ne vois pas d’autre explication pour comprendre ce qui l’a amené à penser que, lorsqu’elle elle est en panne sur l’A86 à Aubervillier, sa première idée est de dire à sa maman d’aller seriner les conneaux du 3e (nous) pour qu’ils aillent la chercher.

Oui, vous lisez bien : le but de l’arrivée en fanfare de la maman devant notre porte, c’était de nous convaincre de prendre la voiture alors que Prince-Prince rentrait tout juste du travail, de fendre les embouteillages de l’A86 à 20 heures et faire 25 km pour aller dépanner une fille qui ne nous a jamais rien fait d’autre que créer des ennuis.

Mon sang n’a fait qu’un tour. J’ai regardé la concierge, folle de rage interloquée : « Ecoutez, j’ai une gastro, un bébé de 3 mois à faire manger, un mari qui bosse 10 heures par jour et ne voit pas son bébé autant qu’il le voudrait alors si le soir vous pouviez cesser de nous persécuter et nous laisser vivre les 2 heures dont nous disposons pour être ensemble ce serait bien aimable ».

Over-confuse, le regard bas, la concierge recule d’un pas. Et c’est là qu’arrive le meilleur : elle nous avoue qu’en fait elle pourrait y aller, elle, à Aubervilliers chercher sa fille. Vu qu’elle a une voiture, quand même. Et c’est la chair de sa chair qui est en panne là-bas; pas comme si c’était juste sa voisine, si vous voyez ce que je veux dire.

Mais devinez quoi. La pôôôôvre, si elle fait appel à nous, c’est pas de gaieté de coeur, c’est bien qu’elle a un motif supra-sérieux à objecter : elle a peur de se perdre en route.

Ben voyons, autant que ce soit Prince-Prince qui galère, hein.

Je claque la porte. The end. Jusqu’à la prochaine. Argh.

incredulite.jpg

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le
A 8:51
Commentaires : 3
 
 
 

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