Episode 3 : Highway to Hell (ou l’autoroute de la morkitue)
Vous l'attendiez? Voici l'épisode 3 de la saga “Survivre à l'enfer du week-end”.
Nous en étions restés à la tuberculose. Qui s'est révélée depuis être une crise de sinusite purulente. Merci Jolidocteur pour cette précision croustillante qui m'inspire deux réflexions :
- putain elle est même pas contagieuse cette foutue maladie!!! Dire que j'ai passé 1 semaine avec un masque d'infirmière collé sur le grouin pour pas distribuer mes miasmes. Elle est belle la France.
- pour une fois que j'essayais de lutter seule contre la maladie, j'ai chopé un machin qui se soigne qu'à grand coup d'antibiotiques (et de récitations du Pater il paraît). J'ai donc officiellement ramé une semaine inutilement. En plus ma gorge ressemble à présent à un dépotoire à grubulu dont je ne parviens absolument pas à me débarasser et qui manque de m'étouffer à chaque respiration.
Le grubulu étant bien entendu le nom que je donne à cette bouillie infâme (bon appétit) qui m'obstrue tout les canaux ORL. Eux qui sont habituellement si propres et si coquets comme tu t'en doutes Jolilecteur.
Bref. Revenons-en au week-end.
J'étais donc dans un état de décripitude avancé. Installée en position foetale sur le canapé du salon, lovée sous le mini-plaid de mon neveu de 4 ans, la bave aux lèvres (essayez de respirer avec le nez bouché et un gros mal de gorge, hein?!).
Quand soudain, je réalise que je pourrais fort bien m'endormir définitivement là comme ça et ne jamais revoir ma Normandie. Surtout que j'habite à Paris. Là je sens que je m'égare.
Voilà. Je réalise que si je ne me secoue pas les miasmes trés vite, je vais prendre racine dans la patrie du flageolet et que tout ça pourrait mal finir. Genre en journée au Puy-du-Fou, par exemple?
Je décide de déguerpir au plus vite, tant qu'il me reste un peu d'énergie. Tel le diable sortant de sa boîte, je me lève, je cours, je m'affole, je range, je trie, je jette, j'empaquète, j'habille, j'emballe, je m'emballe. Et je nous déclare officiellement prêts à partir.
Bisous. Bisous. Gratouilles à Jolibébé. Agitage de mains : ça y est c'est le grand départ. Plus rien ne peut nous arriver. Paris nous voilà!
10 mètres plus loin le soleil m'aveugle. Prince-Prince m'informe que pourtant le temps est couvert et que ce sont donc surement mes yeux qui sont trop sensibles à cause du “rhume”. Me voilà donc :
- fatiguée (cernes bleues et teint diaphane blafard)
- pas coiffée (no comment, my coiffeuse is a salope)
- avec un masque d'infirmière pour ne pas contaminer mes colocataires de voitures
- et des lunettes de soleil parceque j'ai les yeux-qui-piquent
- dehors il fait gris et froid
- 3 heures de route nous attendent et mon chauffeur a mangé plein de flageolets à midi (encore eux! serait-ce une conspiration?)
Finalement je me dis que le voyage risque d'être long.
Heureusement Jolibébé s'endort immédiatement.
Délivré du joug bébésque, j'entreprends donc d'entamer une conversation adulte et enrichissante avec mon mari :
- Céciel, au comble du glamour avec son masque et ses lunettes : “Chériiiiiii tu m'aimes?”
- Prince-Prince, pragmatique : “euh…J'ai trop hâte que tu retrouves ta taille de guêpe. On sera tellement heureux…!”
- Ceciel, un peu crispée : “Mais t'as pas répondu à ma question, là?…C'est quoi cette histoire de taille de guêpe? Moi je suis folle de toi même quand tu mets ton vieux jogging pourri et que tu es coiffé comme un piaf, merde alors!”
- Prince-Prince, qui sent le vent tourner : “Ecoute Céciel on n'est plus des ados boutonneux avec des papillons dans le ventre, bordel. Bien sûr que je t'aime, mais avoue que c'est plus marrant d'être marié à une bombe de 45 kilos qu'à un vieux loukoum pré-maché, non?”
- Céciel, en pleine dépression hostile foudroyante : “Putain c'est vrai que je suis moooooooooche. Mais t'es vraiment un gros con, nan?…”
A partir de là mes souvenirs ne sont plus tout à fait clairs. Je crois me rappeler que nous avons disserté pendant des heures du rapport poids/amour et du fait que la dimension de l'un était inversement proportionnel à celle de l'autre.
En tous cas, arrivé au paroxysme de la crise existentielle nous arrivions aux portes de Paris. Et là.
Et là.
A force de pousser Prince-Prince dans ses retranchements, le pauvre s'est retrouvé tout déconfit et submergé…et il a raté notre sortie sur l'autoroute.
Un dimanche soir vers 19 heures.
Nous avons donc rejoint la longue file des voitures échouées dans les embouteillages. Pendant 2 heures.
Deux trèèèèès longues heures, croyez-moi.
Céciel reniflait et jurait les pires maux à son mari.
Prince-Prince agonisait de fatigue et de contrariété.
Jolibébé avait faim. Forcément nous étions partis depuis 3 heures.
Afin de ne pas élever davantage le quota de frustrés-malheureux dans la voiture, j'ai entrepris de passer à l'arrière afin de nourrir Jolibébé.

Cruel dilemne : comment nourrit-on un bébé dans une voiture qui roule (même très lentement) sans jouer la mère indigne qui enlève la ceinture de sécurité de son enfant ?
Réponse : on le laisse en position couchée et on lui enfourne son biberon (froid) dans le bec et on prie pour qu'il fasse un rot vertical bien ciblé genre jeyser, et surtout qu'il évite de s'étouffer avec son lait. Jutse pour rire je vous encourage à essayer de boire, manger ou roter en position couchée sur le dos, vous allez voir que ma fille est un être exceptionnel.
…Car c'est incroyable mais vrai : Jolibébé a rempli sa mission “Jeyser et biberons en milieu hostile” haut la main. Cette petite est formidable.
En échange de tant de bonne volonté qu'ai-je fait? Je vous le donne en mille : j'ai passé la fin du voyage à faire la putain de marionnette avec son putain de koala…
On ne m'y reprendra plus.
Happy End de cette histoire en 3 épisodes :
- Après une bonne nuit de sommeil, Prince-Prince et Céciel s'aiment à nouveau comme au premier jour
- Jolibébé n'a pas attrapé la tuberculose
- La balance a mystérieusement disparu de l'appartement. A ce jour aucune demande de rançon n'a été communiquée à la famille. Enfin tranquille.
Ton mec est un goujat, surtout en voiture (avec un bébé dedans, ça a de l’importance sur la concentration) et du coup avec des difficultés à éviter les scuds inopinés.
NANIE, merci pour ce message et welcome parmi nous. Et on aura tous une pensée pour toi samedi, promis…niark niark niark
bonjour
je viens de découvrir ton blog et franchement j’ adore ton ton ( oui enfin tonton aussi et sans doute ton thon quand même , mais le ton de ton blog , quoi !!!)
au début j’ ai bien ri , et puis là , ben je pars samedi matin en vacances en voiture et avec ….2 mouflettes ! une de 2an et demi et l’ autre de même pas encore 3 mois !!
et là j’ ai moins rigolé !!
car 1 / samedi , départ en plein dans les embouteillages parisiens des vacances scolaires
2/ le biberon couchée , ben non !! j’ allaite encore !
3/la “grande” depuis deux semaines elle chante toute la journée …à tue tête !! et ça au début tu trouves ça amusant et mignon comme tout , mais après …
4/si chéridoux parle une seule fois de kilos , je le tue , et là c’est la merde car je conduis pas
5/et depuis quand on fait partie du rayon boucherie et que c’est au poids qu’ on nous aime et nous jauge ?
et non je dis pas ça car j’ ai encore TOUS mes kilos de grossesse d’ abord !
moi je vois qu’ un point positif dans tous ça : j’ ai pas la tuberculose et je vais pas au pays des flageolets !
bon, j’ ai adoré ton feuilleton tu l’ auras compris !