Ceciel, Tête en l’air…

 

Non, rien de rien…

Aujourd’hui j’ai la haine. Je pense même que le petitsuicidage n’est pas loin.

 
En effet, je commence à m’apercevoir que créer une entreprise est un parcours diabolique, et que je me suis faite rouler dans la farine telle une belle fleur de courgette en beignet.

Je ne vous ferai pas le coup de la bonne vieille plainte : « j’en peux plus de l’administration, tout est trop compliqué je vais mourir ».

En effet ce serait pure mauvaise foi. Les choses sont finalement assez claires pour peu qu’on se donne la peine de se documenter.

Ce que j’ai fait, bien entendu. Mais trop tard.

Et oui, lorsque j’ai démissionné dans un moment de confiance, je pensais vraiment que mon projet tenait la route.


Je vous rassure, il la tient, la route
. Mais moi, grande pintade de renommée internationale, je pensais que pour créer une entreprise il fallait juste avoir un projet béton et un carnet d’adresse. Cette naïveté c’est tout moi!

cassetete.jpg
Car je m’arrache les cheveux de n’avoir pas compris qu’au-delà de ce que je pouvais faire pour mon projet…j’aurais aussi pu m’intéresser à ce que les autres pouvaient faire pour moi. Je vous explique :


Voilà le tableau-joli :

- j’ai trouvé des clients. Ces clients me donnent du travail. Le moment n’est pas loin où je pourrais commencer à me dire que je tiens le bon bout.

- je me suis entourée de plein de gens qui m’aident à établir un business-plan sur 3 ans, choisir ma structure juridique, m’alerter sur les points critiques.

Ca c’est pour les bonnes nouvelles.

Voilà le tableau-vilain :

- à aucun moment votre obligée-pintade n’a pensé que les créateurs d’entreprises pouvaient bénéficier d’aides non-négligeables (genre pas de charges sociales la première année, une paille quoi) et très accessibles pour peu qu’on connaisse leur existence. Par exemple, j’aurais pu en bénéficier si j’avais demandé un congé de création d’entreprise lorsque j’étais encore salariée. Ou encore si j’avais demandé un congé parental complet pour m’occuper de ma Joliebébé. Mais tout ça, ce sont des formalités que je devais faire lorsque j’étais salariée. A présent il est trop tard. Je ne suis plus rien qui justifie cette aide : ni chômeuse de longue durée, ni salariée en plein projet entreprenarial. Je ne suis rien (rien de rien, et je le regrette bien…).

 
- je cours d’Assedic en ANPE, en CCi et Mairie afin de trouver un moyen de rentrer dans ce cadre idyllique des exonérations de charges …sans grand succès pour le moment. Je vais donc probablement me retrouver la seule créatrice d’entreprise de France et de Navarre à payer ses charges rubis sur l’ongle alors qu’elle démarre son activité. J’en suis malade. Pour vous donner une idée, c’est « juste » la moitié de mes revenus qui va partir en fumée. En gros, un client me paye 500 euros. J’en reverse 250 à l’Etat au titre des charges sociales. Avec les aides que j’ai ratées, le chiffre tombait à 50 ou 100 euros maximum. Ca fait rêver n’est-ce pas?

- comme je ne suis rien qu’une banale chômeuse consentante du point de vue de l’administration, je ne bénéficie plus d’aucune aide pour faire garder ma fille : « Ben quoi, vous êtes chez vous à ne rien faire, nan? ». C’est vrai, de quoi me plains-je? Créer une boîte, courir de rendez-vous en rendez-vous et appeler un client ou écrire un article quand une lutinette de 10 mois hante l’appartement et vos jupes, c’est un bonheur. Donc en plus de ne pas gagner un rond, de ne bénéficier d’aucune aide, je paye aussi la nounou all by myself (et que personne ne me parle de crèche, ça fait 2 ans que je suis inscrite sans succès sur les listes).
Voilà, ceci était un cours non-magistral de plantage administratif en bonne et dûe forme. Allez-y, gaussez-vous, je le mérite!

Je n’en mourrai pas. Mon projet n’en sera pas affecté.

Juste mon porte-monnaie (et un petit peu mon égo).

 


Mon tout mini-tinny-petit porte-monnaie de démissionnaire volontaire dans indemnité ni indemnité chômage.

Et ouais, c’est la classe.

 
On est galérien ou on ne l’est pas.

Le côté positif c’est qu’un jour je pourrais épater mes enfants en leur racontant que moi, j’ai lancé ma boîte sans aucune aide, à poil. Et ce sera sacrément vrai.

Un peu plus et j’encadre mon premier dollar (et puis ça fera toujours une poire pour la soif).

 

Bien cordialement,

Votre Céciel-total-looseuse.

 

(Bouh ouh ouh).

 

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 12 septembre, 2008
A 0:01
Commentaires : 6
 

6 Commentaires

  1.  
    sublimissime
    sublimissime écrit:

    Putain ma cherinette, c’est vraiment la loose ton aventure.

    mais Girls Power tu es Girls Power tu resteras…
    haut les cœurs !

    bisousbisous
    sublimette

  2.  
    amelie
    amelie écrit:

    Il existe aussi des prêts bancaires à taux spéciaux si tu as besoin de sous pour ton entreprise et à la CCI en principe y’a des ateliers ou des trucs du genre pour t’aider dans le financement de ton projet.

    Et il existe même des aides spéciales pour les femmes qui créent leur entreprise!

    Tout n’est donc pas perdu. Mais c’est vrai que c’est dommage.

  3.  
    ceciel
    ceciel écrit:

    Sublimissime : giiiirls powaaa!

    Amélie : et oui mais le soucis c’est que je n’ai pas besoin de crédit ou de mise de départ. Je vends mes neurones et je travaille seule de chez moi : besoin de rien à acheter. La seule aide qui pouvait vraiment faire la différence c’était celle liée à l’imposition de mes revenus ou aux charges sociales dont je dois m’aquitter…Bouh hou…

  4.  
    MamanViolette
    MamanViolette écrit:

    non non non, tu n’es pas seule!!!!!! J’ai démarré mon activité en 2006, je n’ai bénéficié d’AUCUNE exonération de charges parce que boudiou d’boudiou, PERSONNE ne m’avait prévenu qu’il fallait déposer tout mon dossier de demande d’exonération AVANT de débuter mon activité…j’en grince encore…

  5.  
    ceciel
    ceciel écrit:

    Chez Les $$$$MALO, on a des grosses burnes et c’est comme ça.

    La grande Classe.

    Vas y Bernadette. Je t’aime!

    Prince-Prince.

  6.  
    RH
    RH écrit:

    J’ai connu cette aventure en juillet. J’ai tout plaqué pour lancer dans l’édition de mon propre magazine. Par contre, j’ai obtenu l’ACCRE. Tu peux toujours essayer! Le dossier peut aujourd’hui se déposer après la création. Et l’obtention reste à l’appréciation d’une commission (qui chez moi s’est révélé être une seule personne…).

    Pour ce qui est des aides, effectivement, il en existe des spécifiques aux femmes, et en particulier des prêts d’honneur – Fonds de garantie à l’initiative des femmes (FGIF), la fédération des cigales (http://www.cigales.asso.fr/), et des clubs de femmes entrepreneurs.

    D’un point de vue juridique, personnellement, je te conseille d’opter pour l’EURL ou la SARL, ce qui t’évitera d’éventuels problèmes financiers en cas d’échec – toujours l’envisager – en séparant bien ton capital personnel de celui de ton entreprise.

    Dernier conseil, commence par remplir ta déclaration sur CFEnet, ça t’évitera de courir partout pour les pièces manquantes. Si tu as besoin de conseils, n’hésite pas!

    Malheureusement, créer son entreprise avec 1€ relève de la pure fiction… Bon courage et bonne chance, le jeu en vaut la chandelle (ie l’indépendance).

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