Ceciel, Tête en l’air…

 
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Seule contre tous

Je n’ai pas posté depuis longtemps, mais j’ai de très sérieuses circonstances atténuantes. En gros, la nounou et Prince-Prince se sont ligués contre moi la semaine dernière pour ensevelir la maison et mes précieux enfants sous une montagne de conneries, je ne vous dis que ça.

Acte 1 :

Toujours amoureuse de ma nounou, je lui laisse la bride sur le cou (trop). Du coup, tel un cheval fougueux de 22 ans qu’elle est, elle s’emballe, elle galope, et…c’est le drame.

Et oui, mercredi aprés-midi, ne la voyant pas revenir d’une balade de 3 heures avec mon minuscule bébé et inquiète de voir les premières neiges tomber abondamment depuis plusieurs heures, j’ose appeler Pocahontas pour lui demander où elle peut bien se trouver par ce temps sibérien. Et là….hum, comment vous dire. Grand Grand moment de solitude :

- « Ah, justement, il faisait tellement froid que j’ai attrappé le premier bus qui passait et j’ai emmené votre fils au centre commercial!
- Mon tout petit bébé de 3 mois et demi a passé l’aprem au centre commercial ? Vous voulez dire que vous avez quitté la ville sans me prévenir et emmené un bébé déjà ultra-fragile-du-métabolisme dans le plus grand centre commercial d’Europe un mercredi d’avant Noël, comme ça, pour le plaisir ?
- …
- Pocahontas?
- J’avais pas vu les choses comme ça. Heu, pourtant j’ai vu plein de mamans avec des poussettes, là-bas!
- Hum. Si les autres pauvres mamans n’ont pas pu se débarrasser de leurs marmots pour faire leurs courses de Noël, tant pis pour elle. Moi je vous paie justement pour que mon bébé passe ses journée dans des lieux un peu plus adaptés à son âge.
- …
- Pocahontas?
- …snif…
- Pocahontas, vous pleurez?  »

Fin de l’épisode.

Acte 2 :

- Pocahontas, pourquoi ça colle sous mes pieds quand je marche sur le carrelage de la maison?
- je comprends pas, Céciel, je l’ai pourtant bien lavé.
- Pocahontas, pourquoi Joliepetite s’est cassé la margoulette sur une pellicule de savon qui recouvre tout le carrelage de la maison?
- Je comprends pas, Céciel, tout est pourtant normal.
- Pocahontas, pourquoi la première question que les gens posent en entrant chez moi c’est « Qu’est-ce qu’il a ton carrelage? ».
- je vois pas, vraiment je vois pas.
- Pocahontas, pourquoi la bouteille neuve de liquide pour le sol est soudainement vide?
- Bah, j’ai lavé le sol.
- Vous pouvez partager avec moi votre technique qui semble trés personnelle?
- Oui, avec plaisir : je prend une serpillère, je l’arrose de liquide pur et ensuite je frotte le sol avec. Ensuite, je recommence 1 mètre plus loin. Et ainsi de suite.
- OK, donc en somme vous avez consciencieusement transformé l’appartement en patinoire ».

NB : voilà 4 fois qu’elle repasse la serpillère « normalement ». Le carrelage ne glisse (presque) plus. On va s’en sortir, c’est sûr.

Acte 3 :

-  » Pocahontas, c’est quoi ces vilains trucs en train de cuire dans la poêle à 30 cm de ma précieuse joliepetite assise sur le plan de travail?
- Des châtaignes!
- Ah.
- Oui, ça me rappelle mon enfance.
- Tiens, c’est marrant, ça me rappelle la mienne aussi. Mes dans mes souvenirs, ma maman nous demandait de percer chaque châtaigne avant de les faire cuire, histoire de ne pas les transformer en pop-corn géants éborgneurs de petites filles.
-…
- Pocahontas?
-…
- Pocahontas?
-…
- Vous pleurez?
- Je me sens vraiment con ».

Mais non, faut pas…

Acte 4 :

- « Pocahontas, pourquoi ma fille est habillée comme en été?
- euh, je sais pas, je l’ai récupérée comme ça à l’école.
- Vous voulez dire que mon mari l’aurait envoyé à l’école en débardeur et robe à manche courte un 26 novembre neigeux? C’est impossible… »

Acte 5 :

-Prince-Prince, tu connais pas la dernière? Pocahontas elle prétend qu’elle a récupéré Joliepetite en manches courtes et débardeur ce soir à l’école. On aura tout vu, hein?!
-…
-Hein?!
-…
- Tu déconnes là?
-…Le bébé dormait, j’ai pas voulu allumer la lumière pour chercher des fringues. J’ai attrapé le premier truc que j’ai trouvé.
- Un débardeur et une robe d’été?
- bah oui.
- Ca t’as pas choqué?
- Si, en arrivant à l’école, quand j’ai enlevé son manteau et réalisé qu’elle était bras nus alors que les autres mômes avaient des cagoules. Du coup j’ai choppé un gilet qui traînait et hop.
- hop?
- bah oui, hop.

Des fois, je vous jure, je me sens vraiment seule contre tous…

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 30 novembre, 2010
A 9:09
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Pocahontas fait des ravages

Pocahontas est jolie, ça c’est un fait.

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Mais il se trouve qu’en plus, elle est le croisement d’une tornade blanche et de Mary Popins.

Oui, c’est insensé, je n’aurais jamais cru pouvoir dire ça, mais je suis conquise par la nouvelle nounou.

D’abord, plus je la regarde plus il est évident qu’elle aurait dû s’appeler Pocahontas. Moins bombesque que ce qu’il m’avait semblé au départ, mais joliment typée et jeunettement intense. Un petit truc rien qu’à elle.

Ensuite, elle est douce et calme. Mais bavarde (qualité number one pour passer ses journées avec moi). Et infirmière (oui je sais j’ai trop de bol). Ce qui fait qu’elle gère super bien l’eczema pourri de monsieur sourire, la ventoline-en-trompette de Joliepetite, mais aussi les angoisse existentielle de la maman-reloue que je suis (Mon bébé va-til mourir de mal de dents? / C’est sûrement grave si Joliepetite a toussé une demi-fois à 5h30 cette nuit / 2 suppos de Doliprane cette semaine, c’est beaucoup trop pour un si petit bébé…)

A part ça elle fait le ménage 25 fois par jour, a rangé l’intégralité des placards de la maison, lance des machines de linge et des lave-vaisselles plus vite que son ombre. Seule ombre au tableau : elle me tanne pour que j’achète des boîtes chez Ikea…pour qu’elle puisse ranger encore mieux.

Trop dur la vie…

Ensuite, bien entendu elle est gentille avec mes bébés. Evidemment elle est un peu jeune et elle apprend l’autorité dans la douleur avec ma reloue de 3 ans, et la gestion des pleurs d’un petit amoureux-des-bras de 3 mois mais elle s’en sort plutôt pas mal compte-tenu du fait qu’elle officie sous mon nez. Pas facile de laisser pleurer un bébé ni de mettre sa soeur au coin quand leur maman rôde.

Du coup j’ai décidé de me prendre un bureau loin de la maison. REVOLUTION!

D’une part, j’ai besoin de retrouver le monde après le congé maternité. Ensuite, Pocahontas est bien aimable mais elle finira par me haïr si je reste dans ses pattes au vu et au su de mes deux mômes maman-dépendants.

Alors voilà, je suis ravie d’avoir trouvé cette perle, je le crie haut et fort et je supplie le bon Dieu des nounous de se grouiller de clore cette p*** de période d’essai qui me donne des sueurs froides, du coup…

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 17 novembre, 2010
A 20:14
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Entre les lignes…

La jolie Tatoum m’a envoyé un pigeon voyageur virtuel pour connaître mes 15 livres préférés.

Ma Lili d’Indonésie en a remis une couche.

Me voilà donc un dimanche matin en plein creusage de cervelle, à essayer d’ordonner ce qui ne l’est pas tout en tentant de ne pas réécrire un billet récent.

Le plus simple et le plus sincère, c’est je pense de procéder comme ma copine-temporairement-du-bout-du-monde et de vous raconter comment je suis venue à la lecture. Par ordre chronologique, quoi. En vous parlant des livres, petits et grands, qui m’ont accompagnés tout ce temps.

6 ans : je découvre les « J’aime Lire« . Tom-tom et Nana, les histoires extraordinaires : je tombe dans le bain et devient accro. Je passe mes journées dans les livres et mes soirées blottie sous la couette à écouter -inlassable- les cassettes « Raconte-moi une histoire » que nous diffusait ma maman après le câlin du soir.

8 ans : les Castor Poche Flammarion sont décimés dans les 3 bibliothèques à la ronde. Ma mère m’abonne frénétiquement à tous les lieux qui prêtent des livres près de chez nous, Bibliobus compris, et je lis chaque nuit à la lampe de poche des récits qui me marqueront pour toujours. Mentions spéciales aux « 79 carrés » et à « Tistou les pouces verts« . Mais je n’oublie pas non plus « Le Lion » de Kessel, « Croc-Blanc » de J. London et tous les Roald Dahl (si vous saviez combien l’auteur de Charlie et la chocolaterie en a bavé dans son enfance… »Moi, boy » m’a fait trembler d’effroi plus d’une nuit). Des classiques, mais c’est si bon…

10 ans : je me prends de passion pour la mythologie grecque & romaine. J’avale plus que je ne lis. Encyclopédies, romans, essais, je prends tout. Et deviens incollable sur les Dieux, leurs histoires salaces et les mythes ébouriffants qui m’ont parfois fait veiller fort tard. Vous n’avez jamais eu une pensée émue pour Perséphone, enlevée par le dieu des enfers et condamnée à vivre sous terre?!

13 ans : je découvre les Zola et la dynastie des Rougon-Macquart chez mes grands-parents au cours de vacances caniculaires dans le sud. Et là, je passe dans la cour des grands. L’Assommoir, Nana, Au Bonheur des Dames, Germinal … je suis engloutie par la puissance d’une écriture, par la densité d’un récit. La littérature devient pour moi autre chose qu’une histoire distrayante. L’amour débute.

14 ans : je vole sur les étagères de mes parents tous les romans qui s’y trouvent. Je mange du bon et du moins bon. Biographies diverses, Bicyclette bleue, Lucien Bodard et Lao-Tseu côtoient le Lama Bleu ou Agatha Christie…Le mélange est détonnant mais formateur.

15 ans : je dévore scrupuleusement tous les classiques. Plus le livre est ancien et épais, plus j’aime. Je plonge dans la Comédie humaine, dévore Les Frères Karamazov, me délecte de La Princesse de Clèves et autres Lys dans la Vallée…

16 ans : ma culture littéraire est bâtie, je m’aventure alors sur des chemins plus tortueux, à la recherche de nouveautés et de sensations fortes. Je sors des sentiers battus et me frotte à une écriture plus contemporaine dont j’ignore tout…Je découvre en vrac Stefan Zweig, Paul Auster, John Irving. je mélange tout et n’importe quoi mais j’adore ça. Je bénis le dieu des bibliothèque sans qui je n’aurais jamais pu assouvir cet appétit.

17 ans : je m’intéresse de plus près à la poésie. Devient raide dingue de Rimbaud – mais qui ne le serait pas- et m’assombris nettement. Je lis des auteurs désespérés et désespérants comme Mishima, Chateaubriand, Lautréamont et autres mélancoliques ou suicidaires. J’adore aussi Oceano Nox d’Hugo. Sûrement l’âge.

18 ans : j’arrive en prépa. Je ne découvre rien qui suscite un intérêt réel. Les tragédies grecques m’ennuient, Céline me laisse de marbre, Maurice Barrès et Ponge m’irritent…Il est temps que je sorte de cette taule!

14 ans plus tard…

J’aime tout ce qui se lit, sans discrimination ni a priori. Je me régale encore et toujours de ces miliers d’histoires qui me font rêver ou réfléchir.

Mes deux dernières lectures? Vous allez rire : Houellebecq et Virginie Despentes. Je les ai adorés tous les deux. Le nez creux, sans doute…Cela dit, je ne boude pas mon plaisir, ces deux romans qui virent tous deux étrangement à la société-fiction m’ont épaté par leurs qualités. Inventivité, précision, langue, c’est du bel art, ne mentons pas.

Voilà, il me reste à vous souhaiter un bon dimanche et de belles lectures…

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 14 novembre, 2010
A 11:19
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Abracadabra

Les castings de nounous, c’est l’enfer.

Mais après 1 semaine intensive de tractations interminables, nous avons fini par trouver in extremis une jeune fille chouette et sympa qui m’a conquise.

Cela dit, je me demande quand même si je suis une mère déplorable ou bien…

En effet, j’avais le choix entre une nounou diplômée, 40 ans, archi-compétente et une minette de 22 ans complètement novice.

Bah, j’ai choisi la jeunette.

J’y peux rien, la première n’était pas drôle, me paraissait légèrement psychorigide sur les bords, et m’a beaucoup fatiguée à me raconter ses histoires de divorce dès la première rencontre. Sans même évoquer son addiction malsaine aux SMS et aux coups de fils stressés (une trentaine en 3 jours) à propos des moindres détails de notre contrat (la palme : un échange surréaliste sur la date d’entrée à l’école de notre bébé qui je vous le rappelle n’a que 3 mois). Hum.

Face à elle, un challengeur de poids : une élève en 3e année d’infirmière, aussi étudiante en histoire de l’art, élevée dans un pensionnat de jeune fille, vivant à 10 minutes de chez nous, et trés désireuse de faire un maximum d’heures pour gagner plein de sous.

Je ne suis pas sûre qu’elle sache mettre une couche ni qu’elle sache comment occuper les mercredis d’une petite bombe de 3 ans, mais je me rassure en me disant qu’elle est douce, joyeuse, bien élevée, habituée à des boulots pas marrants (maisons de retraite et hôpitaux) et qu’elle jouera de la guitare aux enfants.

Je n’exclue pas d’ailleurs qu’elle conquiert aussi Prince-prince, puisqu’en plus de ces nombreuses qualités, il s’avère que la demoiselle est un gros canon d’1m70 avec une cascade de cheveux bruns brillants et des nénés partout.

Il ne me reste plus qu’à prier pour que le syndrôme Jude law (je couche avec la nounou) n’affecte pas mon mari, et pour que mes enfants ne pâtissent pas trop des choix irrationnels de leur maman.

(A part ça je rêve tous les soirs de catastrophes naturelles, fin du monde, tsunamis et tremblements de terre. La reprise du travail ne m’affecte absolument pas, hein…).

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Par ceciel
Le 12 novembre, 2010
A 10:31
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Clic clac

De cette semaine déjà bien entamée en Bretagne, je retiens un million de petits événements, un million de sentiments et de chuchotements, et je m’affole à essayer de faire pause sur chacun de ces déjà-souvenirs pour qu’ils ne s’envolent pas.

Prince-Prince appelle ça mon syndrome Retiens la nuit. Pfiu.

Tout cela me fait penser à un chouette épisode de Friends dans lequel Phoebe tombait amoureuse d’un abruti extatique incarné par Alec Baldwin. Ce personnage trimballait son enthousiasme maladif d’une situation à une autre et ne cessait – notamment – de mimer le clic d’un appareil photo pour « enregistrer » les moments précieux.

En l’occurrence mes moments précieux le sont vraiment, et n’ont naturellement aucun point commun avec le ravissement éprouvé par Alec Baldwin devant la couleur du canapé de Rachel Green, non.

Je ne résiste donc pas au petit plaisir de vous livrer en vrac quelques bribes de ces éclairs qui remplissent ma dernière semaine de congé maternité avant le retour à la (vilaine) réalité :

Une petite fille à couette qui crie « oh la vache! » / Une soin anodin en thalasso qui finit inopinément en lavement inavouable / l’hilarité potache de mes parents devant ce fait / Un livre chouette / Deux livres chouettes / Trois livres chouettes / Rencontrer des gens avec qui en parler, un peu / Une inconnue qui me confie son petite carnet pour que j’y parle de Stefan Zweig / Prince-Prince qui n’a plus la voix fâchée / Une vidéo maladroite de la dernière têtée de Monsieur Sourire (hier soir) / Soupir / Une petite bretonne à couette qui se fâche et veut manger crevettes et des moules / Un colis de livres retrouvé sagement couché sur le lit de ma chambre d’hôtel / Toute la famille dans une piscine vide jouant aux petites sardines frétillantes et aux baleines voraces / Les appels désopilants des nounous bizarroïdes proposant leurs services / Les appels sérieux d’une chouette nounou proposant ses services / La danse des petits indiens quand on se dit qu’on tient peut-être la bonne / La première bouchée de mozzarella di Buffala après 3 mois d’abstinence fromagère / Idem avec la première cuiller de mousse au chocolat / Idem avec les pains au chocolat / Idem avec les pancakes / Les donuts / Le camembert / Mon poids sur la balance / Mon bébé boxeur se débattant avec ma poitrine désormais inaccessible / Soupir n°2 / La joie des vacances / Les petits déjeuners en tête à tête avec une joliepetite trés concentrée buvant son chocolat comme une lady / L’impatience de retrouver samedi Prince-Prince, ma maison, ma vie.

…et devant cet inventaire, un clin d’oeil inévitable à Polaroid Girl qui est sélectionnée parmi les blog de Elle.fr (Votez pour elle!).

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Par ceciel
Le 4 novembre, 2010
A 21:29
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Pas assez cher, mon fils

J’ignore si je suis particulièrement sensible à l’avis des autres…enfin…sûrement, oui, au fond cela ne fait pas beaucoup de doute.

Néanmoins je ne m’habitue pas à me sentir aussi lasse, aussi triste, lorsque je sens que je déçois des proches. Lorsque je ne suis pas conforme à l’idée qu’ils se faisaient de moi. Lorsque je ne suis pas assez forte, pas assez belle, pas assez disponible, pas assez prévenante, pas assez tout, quoi.

Ces derniers temps, à la faveur de chouettes vacances au bord de mer avec mes 2 marmots et mes parents, je prends le temps de réfléchir (pas trop quand même, les journées restent chargées même en Bretagne). Et je ressens sans doute aussi plus fortement la profondeur de ma tristesse devant toutes ces demandes muettes -parfois, rarement sonores, un peu- de la part de mon entourage.

Ces demandes que je ne sais pas satisfaire. Que je ne peux pas satisfaire. Que je ne veux pas satisfaire aussi, parfois.

Ces demandes qui tournent comme une auréole folle autour de ma tête et me transmettent un peu de leur dinguerie. Je me retrouve alors pantelante, harassée devant l’étendue de tout ce qui manque pour que mon monde soit parfait et que chacun autour de moi soit satisfait, et je sais que je n’y arriverai pas.

Je me dis aussi, c’est ça le pire, que peut-être je ne rends personne vraiment heureux. A vouloir passer du coq à l’âne, être une bonne maman, une chouette fille, une épouse pas si mal, une amie sur qui l’on peut compter…au final je ne suis qu’un drôle de moi-même. Un peu cassée, un peu boiteuse, si loin de son harmonie, si près de la folie douce.

Courir après leur satisfaction, c’est malheureusement m’éloigner de la mienne. Je ne suis pas encore assez généreuse pour me contenter du bonheur des autres. Alors je cherche l’équilibre mais il me glisse entre les doigts.

Y a t’il vraiment des gens qui y parviennent? Il semble que les reproches soient toujours les mêmes, séculaires, anonymes, et que je ne résoudrai sûrement pas aujourd’hui, ni seule, l’étendue de toutes ces déceptions :
On ne te vois pas assez souvent / Tu n’appelles jamais / Je ne connais même pas tes enfants / Aime-moi / Pourquoi on ne passe jamais de vacances ensemble? / Et moi, je compte? / J’attends toujours ton appel / Tu n’as de temps que pour les autres…

Ah ce temps. il est la clé de tout. Je suis rapide, pourtant, mais je n’en ai jamais assez à revendre.

Un mari, deux enfants, des parents, des beaux-parents, des frères et soeur, des beaux-frères, des belles-soeurs, un job, son job, des transports, l’école, la crèche, la nounou qui disparaît, les médecins, la fatigue, les courtes nuits, les reproches…Tout ça c’est beaucoup.

Et si le problème, c’était justement toutes ces exigences? Peuvent-il avoir tout simplement tort? Parfois, j’ai juste envie de ne plus entendre ces petites voix me crier d’en faire plus, de donner encore davantage. Et partir quelques jours, seule, vraiment seule. Faire tranquillement ce que j’aime le plus au monde : lire. Sans me préoccuper du dîner, d’un client, des couches ou de demandes muettes mais terriblement impérieuses.

A part ça, j’ai lu le dernier V. Despentes, Apocalyspe, bébé » et je l’ai beaucoup aimé. L’acuité de cette fille me donnerait presque envie de devenir lesbienne (lisez le livre pour comprendre).

Et puis j’ai démarré Houellebecq ce matin, et il m’a l’air aussi très bien partir. En gros, j’ai pris toute la liste du Goncourt et je m’y attelle scrupuleusement. N’en déplaise aux critiques du marketing et de la rentrée littéraire, moi je passe de bon moment avec de bons auteurs, je n’en demande pas plus…

Et puis, ah, pour compléter ce post cafardeux, notre nounou nous a abandonné à 15 jours de la reprise du boulot. Monsieur Sourire se retrouve donc comme Joliepetite 3 ans plus tôt, à poil sans nounou. Ma haine de la profession va croissante…Il me reste donc seulement quelques jours pour trouver une solution.

Screugneugneu, quoi.

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 2 novembre, 2010
A 15:37
Commentaires : 2
 
 
 

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