Ceciel, Tête en l’air…

 

My life. My rules.

Si je vous délaisse depuis des semaines, c’est que ma vie ressemble à une immense roue de hamster.

Je cours, je cours, je m’essouffle, et j’en reviens toujours au même point : enfants malades (tous en même temps), kilos en trop (un seul manque à l’appel mais je suis sûre qu’il va retrouver ses petits copains bientôt), travail par-dessus la tête, mari mécontent et sommeil en retard.

Vu comme ça, mes journées ressemblent à un long calvaire, mais que nenni! (En réalité, seules mes nuits sont affreuses, à raison de 5 à 10 réveils nocturnes pour causes de poussées de fièvre brutales, cauchemars, nez bouché, caca dans la couche et j’en passe des meilleurs).

Car mes journées, elles, sont pleines de rencontres nouvelles, de missions palpitantes, de copines sympas et de bébés tout neufs. Une combinaison gagnante qui fait mon bonheur mais suroccupe mon agenda de ministre.

Vous serez donc ravis d’apprendre que je me suis rapprochée d’une collègue et que nous formons une équipe du tonnerre, qui me donne le sentiment d’avoir un peu trouvé ma moitié professionnelle. Evidemment, les lunes de miel c’est toujours chouette, donc je reste sur mes gardes, mais dans l’ensemble tout ça sent fort bon.

A part ça, hier soir j’ai participé pour la première fois à la réunion d’un club féminin parisien (oui ça réseaute sévère chez Céciel comme vous voyez) et j’ai été étonnée, pour ne pas dire ébahie par ce que j’ai entendu. En gros, une conférencière est venue nous expliquer que pour être une femme forte et entière il faut adopter les codes des hommes : aimer les grosses voitures, les bureau en acajou avec vue sur la Défense, les petits cafés demandés à peine poliment aux assistantes fébriles…

Bien sûr le propos était plus nuancé mais je suis restée interdite devant tant de ringardise. La dame, coach internationale quand même, nous expliquait qu’il fallait toujours faire honneur à sa fonction et en assumer les apparâts. Oui mais bon, des apparâts codifiés par les hommes, bordel. Pourquoi leur emboîter le pas? Qui parmi nous attache de l’importance aux nombre de m2 de son bureau, la cylindrée de la voiture au parking ou la couleur de la CB professionnelle allouée par la DRH?

Je me suis longuement interrogée sur ces conseils étranges, parmi l’assemblée de voix conquises qui relataient chacune leurs déconvenues et choix professionnels, étayant la thèse de la conférencière.

Lorsque j’ai opposé une idée toute bête, toute simple, qu’une autre voie était possible, celle que « My life, my rules », les dames m’ont regardé comme une alien. Comme s’il était rigoureusement impossible d’être soi-même dans le monde du travail. Comme si seules la manipulation, la force, les signes extérieurs d’autorité et de pouvoir étaient les sésames de la puissance.

C’est drôle, j’ai un tout autre sentiment. Mais les écarts de génération expliquent sans doute cela. Car les quadra, les quinquas autour de moi semblaient acquise à la cause de la conférencière. Alors seules contre toutes, nous fûment deux ou trois, un peu plus jeunes, à prétendre savoir être naturellement puissante, « alignées » comme le disait la dame. Et qu’à l’aide de cette confiance en nous, de ce sentiment profond d’être à notre place et de ne pas avoir à nous excuser de nous pardonner d’être femmes à nos postes, et bien nous pourrions faire l’économie des grosses bagnoles et des bureaux vitrés et sauver un peu la planète (et notre dignité, un peu).

My life, my rules. Et le reste suivra.

(on peut rêver)

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 11 juillet, 2012
A 7:23
Commentaires :1
 

1 Commentaire

  1.  
    gourmeline
    gourmeline écrit:

    ouais ! carrément ! non mais !

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