Ceciel, Tête en l’air…

 
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Les roses ont fané

Ma mère nous a offert une plante, encore. Un rosier. Elle s’obstine à espérer que la vie verte prenne un jour chez nous. Acharnement mystérieux puisque nous avons eu raison de plusieurs orchidées, d’endurantes plantes de salles d’attente et de quelques cactus.

Regarder cette plante déjà morte en si peu de temps, une semaine, et je me surprends à me demander si au fond, l’air de ma maison ne serait pas toxique, tout simplement. Comme si la vie ne savait pas couler doucement ici. Chez nous la vie est malade, s’épuise, et fane.

Que vous dire de mes semaines silencieuses, sinon des hôpitaux, encore, pour Godzilla, pour Bébée, et finalement pour moi?

Que vous dire de ma vie folle? Du travail, gigantesque raz de marée. Et pourtant, tant et tant de plaisir à le faire. La tentation de m’y noyer, parfois. Cette sensation d’être bonne à quelque chose, quelque part. Peut-être même uniquement là…

Et que dire des miens? De mes enfants ronds et roses, sourires en drapeau, canailles tyranniques que je contemple avec étonnement. Comme une invitée à qui on aurait donné la clé. Quelle inconscience.

Car la vie est difficile, compliquée, exténuante. Vivre me tue, décidément. Je ne suis ni la premiére ni la plus à plaindre. Mais ceci est ma vie et ceci ne tient pas droit.

Je ne sais pas résoudre cette équation étrange d’une maison pleine d’enfants sensationnels, d’un travail hors du commun…et de mes deux petits bras pour étreindre tout cela.

D’amour, parlons-en. Ou n’en parlons pas.

Hier j’ai vu le film  » Un heureux événement ».Souvenir d’Eliette Abecassis et d’un livre que j’avais sottement trouvé nul, non-maman que j’étais.

J’ai trouvé ça bête, qu’ils se refusent à mettre en scène la vraie fin, celle du livre, celle où ils se quittent. Elle aurait été cruelle, c’est vrai. Mais c’était leur vérité.

Allez, nous aimons tous vivre d’espoirs. Laissons la porte ouverte. La mienne donne sur la chambre d’une petite fille qui tousse, 8 jours de calme c’était trop, et sur le silence d’un mari endormi. Deux autres âmes se pelotonnent dans un coin de lit et rêvent qui de nattes dénouées et qui de la texture incomparable des doghnuts sans œufs. Une dernière âme peut-être volette pas si loin en rêvant de la chaleur d’une maman. Une clé manquante au trousseau.

Pour moi la nuit commence. 23h47. Je viens de finir de travailler. Il m’en reste autant à faire demain et les jours d’aprés. Je dîne de pâtes collées au fond de l’égouttoir et de tranches de saumon suantes oubliées dehors. La machine de linge à vider. Une autre à lancer. Ah non, l’essoreuse n’a pas marché. Bébés qui tousse. Le lave-vaisselle à remplir. Les paupières qui me démangent. Joliepetite à emmener à l’école demain. Sa pochette à préparer. Ces petits boutons tout bêtes qui poussent sur mon visage. Mon appétit vacillant. Mon moral qui s’enfuit. La perplexité. L’envie de dilater le temps infiniment, pour lire, dormir, regarder, écouter, câliner sans fin. La vie qui nous oblige à faire tout sauf ça.

La nuit. La nuit. La nuit.

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 12 septembre, 2012
A 21:50
Commentaires : 10
 
 
 

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