Ceciel, Tête en l’air…

 

Prix Nobel

La semaine dernière, après plusieurs semaines de jachère et sur les encouragements de mon amie J., j’ai décidé de m’octroyer ce que les vraies femmes apellent pudiquement « une pause beauté ». Les autres, comme moi, assument simplement l’idée d’un défrichage poilesque en règle.

Coup de bol, pas un chat à mon arrivée au salon (réflexion faite, cela aurait dû ma mettre la puce à l’oreille, mais non, je suis un poisson rouge en fin de gestation, bonne à rien du ciboulot).

Je décide donc de faire la totale : épilations en veux-tu en voilà, manucure et pose de vernis (youhou!). Je me voyais déjà rentrer à la maison, victorieuse et flambant neuve telle Flash Mc Queen sur le paddock (Joliepetite a des goûts cinématographiques trés sûrs comme vous le voyez).

L’épilation est un délice sans cesse renouvelé, je ne m’étendrai pas sur la question.
Néanmoins, je me demande pourquoi ajouter à la douleur physique la douleur morale d’écouter les absconcités des esthéticiennes. C’est la double peine ou bien?

Cette fois-ci je suis tombée sur la reine de l’aphorisme, le top of the pop de la poissonitude. Florilège :

Céciel : – « Votre collègue à l’accueil n’était pas commode, au début elle ne voulait pas que je me fasse épiler aujourd’hui au prétexte que je suis au 9e mois de grossesse. Je pense qu’elle avait peur de me voir accoucher dans la boutique. hin hin hin (rire connivent).

Poissonne : -  » Bah oui c’est bizarre! Moi ça ne me fait pas peur en tous cas.

Céciel, taquine : – « Bah oui, la dernière fois l’accouchement m’a pris 2 heures, ça laisse le temps de voir venir, quand même… »

Poissonne : - » Ah oui, deux heures c’est super long! »

Céciel (pensant qu’on rigole)  » : – « C’est sûr! Je me beaucoup ennuyée, c’est interminable, deux heures « .

Poissonne :-  » Oh que oui! Mais pourquoi il a duré si longtemps votre accouchement?« 

Céciel, réalisant soudainement qu’on évolue en catégorie premier degré : « Euh…vous savez, les accouchements en général ça prend des plombes. Moi je suis une grosse veinarde avec mes 2 heures. »

Poissonne : « Oui mais quand même…deux heures, quoi, c’est suuper long! »

Là, j’ai failli me pincer pour m’assurer qu’il existait bien une fille majeure en France en 2011 qui ignore qu’un accouchement est généralement relativement long (et douloureux) mais on a vite été emportée par une autre vague d’intelligence, j’ai pas eu le temps de peaufiner ma réflexion existentielle.

Je me suis donc tue poliment, me disant que j’allais éviter de prendre des risques et me mettre ainsi à la portée de l’assistance. Trop d’intellect nuit à ma concentration pour compter les fissures du plafond.
En plus, coup de bol, la radio diffusait une émission de France Inter. Trop heureuse, je me laissais happer par l’émission, un divertissement pas trop exigeant et plutôt léger.

La réalité m’a très vite rattrapée.

Poissonne pouffe. Prend à témoin la stagiaire à ses côtés :
- « Oh la la, qu’est-ce qu’on écoute, là? Je comprends rien à ce qu’ils racontent. Je préfère quand on diffuse la radio anglaise, au moins on sait pourquoi on pige que dalle! Hi hin hin (rire gras)

Finalement la séance de torture s’est achevée. J’ai pensé épilation + poissonne = accouchement de rêve obligé (techniquement je ne peux pas en chier sur tous les fronts non plus, n’est-ce pas?). Mais non, les ennuis n’étaient pas terminés.

On passe à la pose du vernis. Messieurs, mesdames, même si vous n’y connaissez rien, je suis sûre que vous comprendrez mon effroi lorsque la jeune poissonne a entrepris de me mettre 4 (oui 4!) couches de vernis. D’un aimable rouge mes ongles sont donc passé au bordeau gothique.

Et puis surtout, sa technique de pose fut absolument confondante de créativité nimportequouesque : elle trempe le pinceau généreusement dans le pot, ne l’essore pas, badigeonne largement l’ongle, le doigt et tout ce qui se trouve autour, puis passe consciencieusement du dissolvant partout où elle estime avoir « bavé ».
Je dis « estime » car globalement chaque ongle était transformé en grosse baverie et n’avaient plus rien d’humain. Son rafistolage a grosso modo plutôt consisté à étaler du vernis au dissolvant sur l’innocente pulpe de mes doigts.

Interdite, je finis par lui demander franchement si elle déteste poser du vernis ou bien…?

Là, elle me répond, contrite, « C’est vrai que je n’ai pas autant d’expérience que Maryline ». (Maryline étant une autre esthéticienne probablement dotée d’une expérience solide vue son âge canonique de 23 ans tout mouillés).

Là, j’ai donc déconnecté mon cerveau de sa présence et souhaité très fort accoucher dans la minute.

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Par ceciel
Le 8 novembre, 2011
A 11:21
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Roman-photo

Elles sont deux, elles sont dingues et elles montent des romans-photos absurdes comme personne. Régalez-vous!

http://lamichaure.com/2011/09/le-laureat/

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Par ceciel
Le 3 novembre, 2011
A 5:00
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Marathon Man

Parfois, dans un élan d’enthousiasme, les gens disent des trucs qu’ils regrettent quasi immédiatement (c’est mathématique). Du type : « J’arrête de fumer », « C’est la dernière fois que je prends une cuite », « Ca y est, je me sens prêt à avoir un enfant »…

Mon psychorigide de Prince-Prince, lui, a réalisé un incroyable cumul de la plupart de ces voeux pieux en décidant…de préparer le semi-marathon de Paris.

Mais là où d’autres auraient dare-dare repris la clope, enchaîné sur une énorme fiesta avec les copains et quitté femme et enfants pour retrouver la liberté (la liberté, mec!), mon Prince-Prince s’est entêté.

Il a pris un coach.
Acheté un joli sac de sport Rocky-style.
Allégé ses repas.

Et à raison de 3 séances de courses/cardio chaque semaine, et d’un long jogging hebdomadaire, ce qui devait arriver est arrivé : il a maigri. Il s’est sculpté. Dommage collatéral : il a (un peu) pris la grosse tête.

Me voilà donc obligée d’applaudir presque tous les jours à la vue de ses nouveaux muscles et des chiffres indécents affichés par la balance. Je ne parle pas des bisous pleins de sueur lorsqu’il revient de son jogging moulé dans un maillot de foot italien et d’un caleçon long tellement strech que l’imagination n’y a pas sa place.

Cela dit, l’homme qui court est un homme heureux. Un peu comme le labrador et l’enfant de moins de 10 ans. Ces espèces ont curieusement besoin d’espace et d’exercice pour trouver leur équilibre. Grand bien leur fasse. En ce qui me concerne, une couette moelleuse, un coca zéro, une plaquette de Lindt aux noisettes entières et un bon roman suffisent à mon bonheur.

A quelques semaines de la naissance de bébée, j’ai donc un homme heureux et léger à la maison, trépignant d’impatience à l’idée de peser moins lourd que moi (ça se joue à quelques kilos mais pour le moment ma dignité est sauve).

Le pire dans tout ça?

Il semble que Joliepetite ait hérité des mêmes gènes.
Au parc, elle étale tous les garçons de son âge au sprint, et peut passer plusieurs minutes à courir en rond, telle Forrest Gump, sous le regard effaré des autres parents. Certains m’ont même fielleusement conseillé de l’inscrire à l’athéltisme.

Après une enfance passée dans une famille de dingues de sport, trimballée dans un camping-car en week-end comme en vacances afin de courir de compétitions en compétitions, me voilà déconfite.

Dieu sait que je déteste le sport. Mais par une ironie du sort insupportable, lui a l’air de beaucoup m’aimer.

Moi, femme d’un jogger? Maman d’un enfant sportif? La cruauté de la vie est décidément sans limite.

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Par ceciel
Le 2 novembre, 2011
A 13:24
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Elle a 4 ans

Et mal aux dents.
Vous voyez une explication?

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Par ceciel
Le 28 octobre, 2011
A 5:00
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Godzilla, quoi…

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Par ceciel
Le 27 octobre, 2011
A 9:53
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26 octobre 2007

Il y a 4 ans, j’attendais impatiemment la sortie du dernier tome d’Harry Potter. Et puis, accessoirement, l’arrivée sur terre de notre Joliebébé.

Elle est arrivée comme prévu, ponctuelle, le jour dit.

Je n’ai aucun mauvais souvenir de cette soirée douce; j’ai accouché calmement dans une clinique feutrée, en pleine nuit comme j’en rêvais. Il n’y avait entre Prince-Prince et moi qu’un silence tranquille et une anxiété maîtrisée. Nous avions vécu le pire, cette soirée ne pouvait qu’être meilleure.

J’avais emmené mon ordinateur et quelques épisodes de Desperate Housewives pour passer le temps. Nous n’avons pas eu à nous en servir. Nous nous parlions doucement, le temps nous a semblé court, pas tout à fait 3 heures, et un petit soleil rouge est apparu soudainement dans nos bras.

L’un comme l’autre nous nous sommes retrouvés légèrement interloqués devant cette brutale apparition chaude et vivante. Pas de larme, pas de grandes émotions. Plutôt le sentiment d’un juste retour des choses, d’une réconciliation avec la vie « normale ». C’est plus tard, bien plus tard, que nous avons appris à adorer cette petite fille magique pour ce qu’elle était et non pour ce qu’elle comblait en nous.

Quatre ans plus tard, Joliepetite est toujours un soleil. Un soleil aux yeux sombres et expressifs, au caractère bien trempé, au coeur d’or et à l’intelligence fine.
Elle est aussi une tornade surexcitée qui prépare son anniversaire avec attention. Paquets de bonbons, gâteaux, décoration…elle met un soin méticuleux à préparer sa fête. Il faut dire que ces 4 ans, qu’elle attend depuis au moins…364 jours.

Cet après-midi, il y aura donc des enfants surexcités partout chez nous, des ballons accrochés aux murs, du sucre plein les assiettes et un clown-marionnettiste pour prêter main forte à la baleine paralytique que je suis en ce 9e mois de grossesse.

Il y aura aussi les souvenirs précieux que je garde de ces 4 années, ceux qui témoignent du chemin parcouru, du talent de Joliepetite pour rendre la vie belle (et bruyante) et souder notre petite famille.

Et je regarde avec une pointe d’étonnement mon bébé Godzilla qui emprunte le même chemin au pas de course et qui sera dans quelques semaines détrôné de sa place de petit dernier par une minuscule bébée aux beaux-pieds.

Il y a 2 jours, pourtant, il s’endormait rond et chaud dans mes bras, son biberon au bec, comme le nourrisson qu’il était encore il n’y a pas si longtemps.

Croyez-moi, j’ai savouré de fond en comble ce moment rarissime et délicieux qui avait un goût de dernière fois.

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Par ceciel
Le 26 octobre, 2011
A 8:21
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Bonne pioche

Parmi les romans achetés à la belle librairie la semaine dernière, une inspiration du moment : « Embrasez-moi » d’Eric Holder.

C’est drôle, j’ai acheté ce bouquin pour deux mauvaises raisons.

D’abord parceque Vincent Delerm parle de lui dans sa célèbre « Fanny Ardant« . Si si, souvenez-vous : « Elle est assise sur l’étagère, entre un bouquin d’Eric Holder, un chandelier blanc Ikea et une carte postale de Maria ».

Ensuite, toute à mes achats compulsifs au gré des longues tables surchargée de la boutique, j’ai entr’aperçu le titre et lu à la va-vite« EmbraSSez-moi ». Je pensais donc trouver là un recueil de douces nouvelles romantiques à souhait.

Que nenni.

Le livre s’appelle en réalité « EmbraSez-moi ». Tout un programme.

J’ai entamé la lecture hier, délicieuse au premier abord.

Mais peu à peu, je me découvre embarquée dans un flot lent de nouvelles coquines, trés coquines, semi-érotiques disons-le. Chaque récit débute ainsi par touches subtiles, le décor est planté lentement, les personnages prennent corps avec finesse, comme dans un vrai bon recueil « classique »…et soudain l’univers bascule et voilà le lecteur emmené dans les joies du triolisme, des amours interdites, des souvenirs humides de jeunesse…

Quel drôle d’effet, la collision entre la délicatesse de ces récits, la douceur de cette plume, et la crudité des descriptions et des situations. J’imagine que l’effet serait le même si l’on découvrait un porno tourné par Eric Rohmer.

Bref. J’ai acheté un recueil d’Eric Holder, et ce fut plus distrayant que prévu.

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Par ceciel
Le 25 octobre, 2011
A 7:52
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O sole mio

D’accord il ne fait pas chaud et le soleil n’est pas exactement au rendez-vous, mais dans mon coeur c’est le mois d’août.

Et oui, depuis aujourd’hui je suis en congé maternité.

Alors oui bien sûr je continue à avoir un oeil sur mes petites affaires et les aimables remplaçants qui feront le travail en mon absence, mais j’en ai fini des réunions, des échéances et des soucis professionnels.

Ce qui est trés étrange dans tout cela, c’est que j’ignore à quelle date je reprendrai le travail. J’ignore même si je retravaillerai ou si ce sera pour poursuivre mon activité actuelle. Je laisse à la vie le soin de me surprendre; en me redonnant l’envie d’y aller, ou la certitude qu’il faut changer.

En attendant, je me prépare à au moins 6 mois de break, à bichonner ma bébée et regarder pousser mes deux « grands »…avec l’aide de la nounou si tout va bien (et jusqu’ici tout va bien, la crise Calgon semble derrière nous mais qui sait?…).

J’ai envie de savourer tous ces moments délicieux et de me vautrer dans l’absence de sollicitation intellectuelle pendant quelques mois. J’ai donc acheté une pile de bons livres en suivant vos conseils avisés, et je m’apprête à hiberner. Du soleil plein le coeur.

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Par ceciel
Le 24 octobre, 2011
A 13:10
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Travailler c’est trop dur…

Cela fait longtemps que je ne vous ai pas causé nounou. Il faut dire que tout allait bien, pas de raison de me plaindre et pas d’anecdote désopilante. Un océan de tranquillité, si ce n’est une inaptitude quasi artistique de sa part à arriver (trés trés) en retard chaque matin.

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, hier l’apocalypse a éclaté en quelques heures.

Notre brave nounou a « oublié » de récupérer Joliepetite de 4 ans à la danse. 45 minutes de retard pendant lesquelles ma petite a assisté à l’intégralité du cours suivant en attendant qu’on veuille bien venir la chercher.
M’a expliqué que tout était normal et qu’elle était sûre de ne pas s’être trompé d’horaire. A insisté. A un sérieux problème avec les horloges.
Puis elle a « oublié » de donner le goûter à mes 2 marmots qui, à 17H30, commençaient à frôler l’hypoglycémie (et l’hystérie)
Enfin, au rang des pertes matérielles, elle a brûlé notre plan de travail en posant une casserole brûlante à même le revêtement. Neuf, le revêtement.
Je passe sur la perte d’une chaussure, d’un doudou, d’un bonnet et de 5 tétines, égarées dans la rue en l’espace de 3 jours.

En bref, elle s’est donnée à fond dans la connerie.

Un peu remontée, j’avais prévu de lui parler au calme ce matin pour comprendre d’où venait cette soudaine crise de n’importe quoi après six mois de félicité sans nuage.

Je me suis fait couper l’herbe sous le pied : à peine arrivée à la maison (avec 40 minutes de retard, mais ça c’est banal), la nounou lance sans s’excuser le moins du monde le célèbre : « Il faut qu’on parle ».

Nous nous asseyons, je l’écoute attentivement. Et là, stupeur, la dame m’explique que ma présence à la maison perturbe son travail et qu’elle redoute le début imminent de mon congé maternité pendant lequel je serai encore plus présente à la maison.

Ebahie, je lui rappelle que je passe déjà mes journées à la maison depuis 6 mois et que cela ne semble jamais avoir posé souci. Et que passer 9 heures par jours enfermée dans mon bureau tout en supportant des retards épiques de sa part ne fait pas exactement de moi l’employeur le plus tyrannique du monde.

Ce à quoi elle me répond : « Mais madame, je suis nounou depuis 14 ans, je sais que les choses vont mal tourner quand vous serez en congé maternité ».

Ah. On touche au coeur de problème. En fait il n’y a aucun problème. Elle navigue en pleine science-fiction et suppute que les choses vont se compliquer. Donc elle panique par avance. Mais on peut aussi dire qu’elle crie avant d’avoir mal. En bref, elle est persuadée que le congé maternité va me muter en mère poule abusive et omniprésente elle m’en fait payer le prix par avance.

La naïve. Si j’avais le moindre potentiel de mère-poulitude en moi, cela fait longtemps qu’elle aurait découvert le côté obscur de ma force. Et compte-tenu des soins que bébée va demander, le temps que je vais passer à la maison va se réduire à bien peu, j’en ai peur.

J’ai donc réalisé combien cette personne que je côtoie 10 heures par jours depuis 6 mois me connaît bien mal et manque de psychologie. Mais j’ai aussi tristement réalisé au cours de ces 2 heures exténuantes de discussion ubuesques combien elle était absolument inapte au dialogue et à la confiance.

En bref, j’ai éteint l’incendie mais je ne serai pas étonné de la voir bientôt disparaître de notre doux foyer.

Et je réalise combien ma présence à la maison est un terrible frein à la légèreté de ces nounous sans cervelle. Combien, malgré ma bienveillance et ma discrétion absolue, je les oppresse car je suis spectatrice – bien involontaire- de leurs énormes ratés (emmener bébé à la Défense, oublier Joliepetite à la danse…).

Finalement, le reproche que formulent ces filles, c’est celui de ne pas leur accorder l’impunité totale. Elle disent oui à la fiche de salaire mais non au patron et aux responsabilités. Douces rêveuses…

Et justement, en voyant leurs fiches de salaire calculées au plus large, les avantages en nature que nous leur donnons, leurs horaires approximatifs et les multiples souplesses que leur offre le travail à la maison (téléphone, télé, radio, pause déjeuner, etc.) je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue pour toutes les caissières, ouvrières et vendeuses de France, fliquées à la minute près par des patrons omniprésents et obligées d’assumer des horaires fantaisistes pour un SMIC de misère.

Décidément, on n’a pas les mêmes valeurs.

Et je commence à penser que le moment fatidique où je vais arrêter de travailler pour m’occuper de mes marmots avance à grand pas. Comment faire autrement après avoir vécu tant de débandades? Où puiser la confiance?…

(je n’ai qu’un mot : vive la crèche).

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 20 octobre, 2011
A 13:47
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Moi je ne fais qu’un seul geste…

Longtemps, j’ai cru que j’étais absolument étanche au charme des enfants et des bébés.

A 15 ans je criais haut et fort que je n’en aurais jamais. Et, lorsque je croisais l’une de ces étranges bestioles je ressentais un profond malaise devant leur fragilité, leur langage incompréhensible, leur gestuelle imprécise. Je me tenais à une distance prudente, souriant poliment, et me demandant à chaque fois pour quelle obscure raison les gens souhaitaient se reproduire et s’infliger cette étrange interaction avec une créature inachevée et tyrannique.

En bref, je n’étais pas une mère-née et mes quelques expériences du baby-sitting se sont limitées à maintenir une distance polie avec mes protégés avant de les coller au lit le plus tôt possible.

Et puis…je suis devenue maman.

Rien n’était évident pour autant. Nul feu d’artifice dans mon coeur ni déclic dans ma vie.

Plus d’une fois, je l’avoue, j’ai regardé Joliebébé d’un oeil loin d’être bienveillant. Je me demandais ce qu’elle attendait de moi. Je trouvais qu’un bébé c’était décidément bruyant, fatigant, ingrat. Pire, la liberté que je chéris plus que tout m’échappait, je me sentais m’étioler sans comprendre comment mes amies pouvaient s’épanouir dans cette curieuse relation mère-enfant.

Bien entendu, je mettais un point d’honneur à lui assurer tout le confort possible et partageais des câlins avec elle; l’odeur et la douceur du bébé restent des formules magiques, mais au fond de moi, le monstre d’impatience qui m’habite tournait en rond et se tenait prêt à rugir à la moindre contrariété.

J’étais comme ça. Pas faite pour la patience. Pas faite pour être maman. Mais j’avais plus tout envie de rendre ma fille heureuse parcequ’elle n’avait pas choisi d’être là et parceque je me doutais que, comme pour beaucoup d’autres choses, le temps est un allié précieux.

Finalement, c’est en voyant Godzilla grandir que je comprends beaucoup de choses et que je regarde Joliepetite avec plus d’indulgence et de tendresse. Avoir deux enfants c’est une chance supplémentaire de comprendre ses propres mécanismes et limites, mais aussi ce que chacun d’entre eux a de spécial, donc de précieux.

A présent, la patience n’est (presque) plus un effort.
A présent je perçois la fuite du temps et je comprends ce que chaque minute avec eux si petits a de délectable.
A présent j’ai compris que la logistique est au service de l’amour…et non sa condition.
A présent je comprends ce que la maternité a d’addictif.
A présent j’ai mis fin au combat entre ma vie de maman et ma vie de femme libre. L’une nourrit l’autre. J’explique à mes enfants que j’adore travailler, que j’adore lire, et que je ne les rejette pas lorsque je me consacre à ces activités. Dans le même temps, je n’accepte plus de mission qui mets ma vie de famille en péril. Et je leur lis des livres, souvent, car c’est ce que j’aime sincèrement faire avec eux. Exit la dînette et les petits poneys qui ne m’inspirent rien de rien. Au lieu de me forcer, j’équilibre et j’assume. Il me semble que l’adage est vrai : les enfants sentent quand leur maman est heureuse. Et comme le bonheur, c’est contagieux, ils se mettent au diapason.

Voilà comment j’ai retourné ma veste. Par petite touches successives, mes enfants m’ont apprivoisée. Aujourd’hui les décibels ne montent que rarement haut dans notre maison. Joliepetite et moi découvrons une autre relation. Elle a grandi, elle me parle, je la vois devenir si indépendante et vive que chaque dialogue avec elle me réjouit. Je suis fascinée de voir pousser l’intelligence chaque jour en elle, autant que chez notre incroyable Godzilla. Mes enfants sont des bombes, je vous l’avait dit?

Je me prends donc à rêvasser en me demandant ce que la bébée à venir me réserve. Energie pure, témérité et fulgurance comme ses aînés? Douceur, contemplation et délicatesse ? Voilà que j’ai hâte de faire sa connaissance.. Quel chemin parcouru.

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 19 octobre, 2011
A 8:37
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