Ceciel, Tête en l’air…

 

Cher monsieur,

Je le sais, je vous ai contrarié de bon matin en bloquant l’accès à votre garage pendant 10 minutes. Je suis une vilaine fille.

Moi aussi cela m’aurait mise de très mauvaise humeur de ne pouvoir rentrer chez moi pour regarder le Télé-achat en jogging et croquer la baguette fraîche que vous étiez allé chercher.
Cela dit, admettez que lorsqu’on a le temps de traîner en jogging et se beurrer des tartines un mardi matin vers 8h30, il est probable que l’on ne soit pas à 10 minutes près. Admettez que vos vociférations étaient probablement un poil excessives au regard de l’emploi du temps de votre morne matinée de sexagénaire boudeur.

En revanche, la maman exténuée et suante, enceinte de 8 mois qui portait péniblement un bébé hurleur de 10 kg sous le bras, celle qui remontait sans souffle la côte satanique qui passe devant votre garage et mène à l’école maternelle tout près…cette maman sait tristement, elle, ce que c’est que d’être à 10 minutes près. D’ailleurs, avant d’en arriver à l’extrémité stupide de se garer à ce si mauvais endroit, elle avait longuement cherché une meilleure place, sans succès. Et la pression de l’horloge a finalement achevé ses tergiversations.

Parceque l’école n’attend pas.
Parceque l’école est située dans une rue étroite et pentue dans laquelle il est impossible de se garer correctement et qu’il lui est désormais exclu d’entreprendre à pied avec 2 enfants en bas âge et un ventre pesant.
Parceque les architectes – ou les urbanistes- ont eu une bien curieuse idée d’aller nicher une école maternelle dans un nid d’aigle inaccessible.

Cher monsieur, bien que la dimension défouloir de notre bref mais intense « échange » ne m’ait pas échappée, et que d’une certaine manière je la comprenne étant moi-même une sacrée râleuse, je voulais vous dire que parfois, il y a de la grandeur à se montrer magnanime lorsque l’effort vous coûte bien peu et signifie beaucoup pour l’obligé contrit qui vous fait face.

Et lorsque vous me hurliez qu’être enceinte n’excusait pas cette incivilité, songiez-vous que bien entendu, et bien au contraire, cela expliquait et excusait l’intégralité de cette situation inconfortable?

Mais pour cela il aurait fallu que vous sachiez ce qu’est être enceinte. Ce qu’est être une jeune femme engluée dans la logistique impossible du quotidien de fin de grossesse. Ce que c’est que d’emmener des enfants à l’école dans un établissement inaccessible pour toute personne un tant soit peu diminuée physiquement. Ce que c’est que d’avoir des enfants rapprochés.

Et par-dessus tout il aurait fallu que vous sachiez combien les rapports entre êtres humains peuvent parfois être ouverts, simples ou généreux.
Mais mon petit doigt me dit que ces mots-là ne font pas partie de votre vocabulaire.

Alors cher Monsieur, je vous souhaite de bonnes tartines, bon télé-achat, bon jogging.

J’aime imaginer qu’un peu plus tard dans la journée lorsque vous vous ennuiyez à périr devant votre télévision vous avez pensé peut-être à moi en vous disant que vous y étiez allé fort et que vous donneriez tout, maintenant, pour échanger quelques mots badins avec moi afin d’affronter en bonne compagnie les 5 prochaines minutes de terrifiante solitude qui vous accablent par avance.

PS Et permettez-moi de vous dire que décidément vous n’êtes pas observateur. Un coup d’oeil à ma carrosserie antédiluvienne et peu coquette aurait dû suffire à vous convaincre de l’incongruité de vos menaces d’abîmer ma voiture. Mais il semble que vous fassiez partie de ces gens pour qui saccager un véhicule soit la pire et la plus expressive des représailles.

Cela en dit tellement long sur vous …

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 18 octobre, 2011
A 8:59
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Et vous?

Pour une raison obscure, je me vautre dans une orgie littéraire depuis quelques semaines. Mais à raison de 4 ou 5 livres par semaine, je commence à mettre à mal notre compte en banque et Prince-Prince ne se prive pas de me le faire remarquer. J’ai donc décidé de renouer avec mes vieilles habitudes en m’inscrivant à la bibliothèque.

Reste un épineux problème à résoudre : que lire?

C’est là que je compte sur vous : pouvez-vous me conseiller vos auteurs favoris, me parler de vos trouvailles et de vos incontournables, récents ou non?

Je prends tout : romans, polars, essais…Mes goûts sont éclectiques et vont de Douglas Kennedy à Marguerite Yourcenar en passant par Twilight et Delphine de Vigan donc la spectre est large, ne vous censurez pas!

J’en profite par ailleurs pour vous recommander le superbe « Les souvenirs » de D. Foenkinos. Autant « La délicatesse » m’avait laissé dubitative, autant celui-ci m’a sincèrement émue. C’est un roman doux, extrêmement fluide, qui décrit les relations d’un petit-fils à ses grands-parents et d’un fils à son père à travers un monologue intérieur délicat et juste…J’ai beaucoup aimé. Il m’a semblé retrouver un peu de Modiano en lui et c’était bon.

Bonne semaine!

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 17 octobre, 2011
A 8:18
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On the road again

A quoi peut-on distinguer une quatrième grossesse d’une première?

Oh, à des tas de signes plus ou moins avouables, des kilos accumulés jusqu’à la fatigue exponentielle.

Mais il n’y a pas que cela. Les indicateurs ne sont pas tous physiques. Dans l’écosystème de votre couple aussi, il y a de sacrées évolutions.

Avant, votre mari vous couvrait d’attentions, s’inquiétait pour tout et vous regardait comme une madone. Vous vous sentiez magique (mais aussi un peu dépassée, il faut l’avouer).

Aujourd’hui, votre mari ne s’extasie plus sur rien, passe parfois une main distraite sur votre ventre si vous insistez, et jamais plus ô grand jamais ne tente un monologue bêtifiant avec votre nombril.

Vous allez seule à la dernière échographie, aussi.

Le constat est clair : vous n’êtes plus cette personne magique qui fait pousser un mélange de vous deux. Vous êtes devenu une sorte de mal nécessaire à l’arrivée d’un précieux colis qu’il couvrira d’amour … une fois livré.

Cela dit, il y a aussi quelques améliorations, le tableau n’est pas si noir :
- votre mari vous laisse manger des sushis et des fromages non-pasteurisés sans sourciller
- les galipettes avec un gros ventre n’ont plus de secret pour vous (et vous cessez de craindre qu’elles traumatisent le bébé)
- vous échappez aux affreux cours de préparation à l’accouchement
- la péridurale vous fait rigoler
- vous savez tous les deux que la prise de poids est inéluctable et cessez de vous battre contre la balance (et l’un contre l’autre)
- vous savez tous les deux que la première montée de lait est un calvaire physique et moral heureusement éphémère (et vous ne frôlerez donc pas le divorce pour si peu)
- vous choisissez votre clinique, votre équipe soignante et votre mode d’accouchement sans écouter les conseils -gentils mais décalés- des gens qui voudraient juste vous voir faire comme eux.

En bref, vous avez grandi.

Tant pis pour la magie.

Tant mieux pour vos nerfs (et ceux de votre homme).

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 14 octobre, 2011
A 7:55
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Professeur canon

Ce soir, j’ai voulu faire un petit plaisir à ma Joliepetite : je suis allée la chercher à l’école..

(Un truc qui n’arrive jamais car l’établissement est situé tout en haut de 2 très longues côtes, autant dire inaccessible à ma forme olympique actuelle).

Mais la curiosité est un puissant moteur : voilà 10 jours que le nouveau maître de Joliepetite a pris ses fonctions et je ne l’ai toujours pas rencontré. Les sons de cloche divergeant de façon étonnante (« On dirait un gamin » dixit la nounou, « Il a l’air cool » dixit mon Prince-Prince, « Il a l’air complètement paumé » dixit une mamn d’élève) je n’ai pu brider plus longtemps mon envie de rencontrer la bête.

Figurez-vous qu’il a l’air tout à fait normal (jeune d’accord, mais normal) et tout le monde semble avoir omis l’information la plus capitale : c’est une bombe.

Je reconnais que je l’ai vu un peu vite, mais je ne pense pas avoir fait erreur sur le diagnostic. (Résultat, je vais sûrement y retourner pour avoir le coeur net, quel dévouement pour la vérité).

Ses qualités pédagogiques? J’ai envie de dire, on s’en fout. La moyenne section de maternelle c’est pas polytechnique, non plus. Un prof mignon c’est plaisir des yeux et ça me suffit, personnellement.

(Comment ça, chuis nulle comme mère?)

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 11 octobre, 2011
A 16:12
Commentaires : 3
 
 

Le début de la fin

Voilà, on y est. La période des insomnies débute.

Je suis à 7 semaines de l’accouchement et dormir n’est pas la seule chose qui devient compliquée; sortir du lit, faire mes lacets, enfiler ces satanées Converse, soulever Godzilla, aider Joliepetite à s’habiller, vider le lave-vaisselle, attraper les bouteilles d’eau cachées au fond du placard…sont autant de défis quotidiens que je regarde comme des Everest.

Rien de grave…juste une myriades de signaux qui m’indiquent que la quille, c’est pour bientôt.

Et cet étrange décalage avec la réalité de ma vie quotidienne pour le moment me frappe.

La chambre de bébée n’est pas prête, pour le moment c’est encore mon bureau, enseveli sous les dossiers en cours et les ordinateurs qui crépitent. Pas une grenouillère à l’horizon.

Je n’ai rencontré encore aucune orthopédiste pour prendre en charge la minette le jour de sa naissance. Les médecins ont été trés forts pour le diagnostic, mais pour la mise en place des soins c’est carrément la croix et la bannière; j’ai appelé 3 hôpitaux, 10 kinés, 4 orthopédistes, 3 cliniques, 2 pédiatres, tout ça pour un bien maigre résultat. Chacun se renvoie la balle et le temps passe. Et je ne sais toujours pas comment bébée sera accueillie. La seule chose dont je suis sûre, c’est que j’ai une bombe à retardement dans l’utérus, et qu’elle se moque de l’attentisme des médecins et de l’administration.
Elle naîtra dans 7 semaines (au plus tard) et si l’on veut qu’elle ait toutes les chances de marcher correctement un jour, elle doit être prise en charge dans les 24 heures qui suivent sa naissance. La course contre la montre a commencé.

La solution qui se profile semble être celui d’un accouchement dans ma clinique habituelle, puis un transport en ambulance le lendemain pour aller à Nekcer ou ailleurs lui faire poser des plâtres. Mais ce ne sont que des vagues idées émises de manière informelle, rien n’est clair ni organisé. Et Necker a perdu l’intégralité de mon dossier avec toutes les écho, scanners et compagnie. Difficile d’aller consulter un médecin sans dossier. Le serpent se mord la queue et le temps passe.

Bref.

Vous l’aurez compris, une petite montée de pression apparaît ces jours-ci. J’aimerais arrêter de travailler, arrêter de me demander ce que je ferai comme job au printemps, préparer une jolie chambre et laver les anciens pyjamas de Joliepetite et que bebée portera à son tour, j’aimerais passer beaucoup plus de temps avec Godzilla qui, ces temps-ci, appelle la nounou « maman » et se montre de plus en plus incontrôlable.

Figurez-vous que cet enfant ne se contente pas de vouloir mettre le doigt dans les prises électriques. Il tente aussi de les arracher, une fois la frustration des cache-prise portée à son comble.

Figurez-vous que Godzilla ne se contente pas de petites escalades approximatives pour tester ses limites…Nous le retrouvons 15 à 30 fois par jour debout sur la table basse du salon, bras levés tel le vainqueur de je-ne-sais-quelle course dangereuse dont lui seul connaît les règles.

Figurez-vous que ce petit machin de 14 mois sait ouvrir le lave-vaisselle (vous en connaissez, vous, des bloque-porte de lave-vaisselle?), en profite pour chiper ce qu’il y trouve puis s’enfuir en courant. Son palmarès : une assiette et un saladier cassé, une paire de ciseaux géants trimballés dans tout l’appartement, et un coinçage de doigts en règles.

Cet enfant me rendra folle.

Heureusement ma belle Joliepetite se montre raisonnable, affectueuse et charmante. Quelques éclats mis à part, nous avons trouvé un nouveau rythme elle et moi, fait de douceur et de compromis. La vie est plus belle sans hausser le ton ni punir, c’est incroyable comme les enfants entendent bien la voix de la raison, passé un certain âge…

Bonne nuit à vous, moi je m’en vais lire mon dixième bouquin de la semaine. Les longues nuits ne font que commencer…

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 9 octobre, 2011
A 22:47
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Héros du quotidien ?

C’est drôle, hier j’étais au Monop’, les bras chargés, faisant la queue patiemment derrière toutes les dames -jeunes ou moins jeunes- qui faisaient semblant de ne pas m’avoir remarquée, lorsqu’un moment de gloire m’est tombé dessus.

Le caissier badin qui regardait passer nos articles échangeait un mot avec chacune, papotant allègrement. Un homme joyeux, qui rendait l’attente moins longue.

Arrivé à mon passage en caisse, l’homme me toise, détaille mon ventre et me demande l’inévitable « C’est pour quand? ». Je lui réponds.
Il enchaîne « C’est le premier? ». Bravache, je corrige : « Non, c’est le quatrième ».

Je le vois ouvrir des yeux de merlan frit et commencer à se demander intérieurement quel âge je peux bien avoir.
Il ose : « Si je peux me permettre, quel âge avez-vous? ».

- « 33 ans ».

Le monsieur me regarde avec admiration et lâche cette phrase que je n’aurais jamais cru entendre :

« Bravo madame, je peux vous serrer la main? »

Hilare, je me laisse faire, reprends prestement ma main et mes articles et file du magasin. L’histoire aurait pu s’arrêter là, elle était agréablement revigorante.

…Et derrière moi j’entends une dame commenter, sans méchanceté, comme une évidence : « Moi aussi j’aurais bien aimé avoir grande famille, mais j’ai choisi de faire des études et de travailler, vous comprenez ».

Les bras m’en sont tombés : dans l’esprit des gens, est-il inévitable d’avoir arrêté les études à 16 ans et abandonné toute velléité de carrière pour avoir une famille nombreuse? (l’autre option étant bien entendu dans l’esprit des gens une religiosité débordante qui nous encouragerait à avoir 8 enfants et à fréquenter St Nicolas du Chardonnet).

J’ai failli faire demi-tour, lui coller mon Bac+5, ma petite entreprise et l’absence de congé maternité en pleine poire avec en prime une embardée sur l’agnosticisme… et puis je me suis ravisée.

Les gens se cachent derrière les excuses qu’ils trouvent, se font paralyser par les modèles qu’ils veulent bien voir les dominer.

De mon côté, avec l’aide de Prince-Prince, j’ai compris que la vie est pleine de surprises et que les règles n’existent pas vraiment. On peut franchir le miroir à tout moment et décider qu’on fera différemment des autres.

Personne n’a dit que c’était facile.

Mais possible, ça oui, ça l’est.

Voilà pourquoi je tressaille lorsque j’entends autour de moi des fatalistes m’assenant de grandes vérités sur la vie, le travail, les enfants, comme si tout était à prendre argent comptant et qu’aucune échappatoire à ces grandes règles n’existait.

Pourtant, inventer sa vie, c’est quand même plus excitant que de la regarder passer en s’accablant avec l’idée que d’autres l’ont choisie pour vous, non?

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 7 octobre, 2011
A 7:33
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Curiosité tu me me perdras

Je l’ai fait. Oui, j’ai acheté -et lu- Fragments d’une femme perdue de PPDA.

Pourtant j’aurais dû savoir qu’un livre qui fait autant de pataquès pour des motifs parfaitement hors-champs littéraire ne présage de rien de bon. Mais, comme dirait notre copine Dora l’exploratrice, I did it.

En plus, faut avouer que la plume de PPDA ne m’a jamais transportée. C’est pourtant pas faute d’avoir lu pas mal de ses romans.
Au final, j’aurais dû en rester à ma première impression adolescente, celle ressentie après la lecture de ses « Enfants de l’aube« , qui avaient pleinement satisfaits mon âme de midinette.

Mais on ne se refait pas, je suis une affreuse croqueuse de potins. Ca m’apprendra, j’ai perdu 14 €.

Mais j’ai au moins la consolation de me dire que j’ai acheté cette sombre nullitude au prix faible de l’occasion.

Si l’on revient au vif du sujet, je vous déconseille vivement de lire ce « truc » qu’on a appelé hâtivement un livre.

Ce n’est manifestement qu’une vilaine lettre d’insultes grossières envoyée à une ancienne maîtresse assez gratinée du ciboulot. On se demande comment un homme de son âge et avec son histoire peut écrire de telles platitudes dignes d’une télénovela brésilienne en y croyant sérieusement, du genre « tu es mon grand amour mais je te chie dessus » et autres « je suis enceinte de toi mais oui mais non je sais plus ah finalement ya plus de bébé partons en vacances mais d’abord j’ai poney je te rejoins à Vera Cruz, promis« .

Tout dans ce livre transpire l’immaturité et la laideur, sous les paillettes et les débats philosophico-adolescents dignes de Dawson à sa pire époque.

Bref, ne le lisez pas. Claquez vos 14 € partout ailleurs, rien ne peut être pire que ça. Ou peut-être un bouquin de Katherine Pancol mais finalement ils ont au moins l’avantage d’être un peu joyeux, ses « livres » à elle.

(A part ça, j’ai aussi lu les mémoires se Jackie Kennedy par Arthur Schlesinger, qui viennent de sortir du placard après 50 ans de poussière. Je les ai trouvées délicieusement surannées. Ma semaine n’a pas été totalement perdue, ouf)

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 5 octobre, 2011
A 10:26
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La chute

Hier, pimpante et en talons, je m’apprêtais à aller déjeuner avec une cliente-collègue-copine (oui, les 3 sont possibles en même temps). Comme Prince-prince a kidnappé la voiture depuis 2 mois, j’entreprends pour m’y rendre de découvrir le réseau de transport en communs aux abords de notre nouvel appartement.

Toute à mes recherches d’arrêt de bus, nez au vent, je n’aperçois pas l’affreux panneau publicitaire aux longs pieds qui dresse un obstacle petit mais costaud sur mon chemin.

Ce qui devait arriver arriva. Je m’étale comme une crêpe au milieu du trottoir.

Midi.

Pas un chat dans les rues. Une chaleur de boeuf, improbable en ce 29 septembre.

Un genou explosé. Le fessier en compote. Et 20 kg surnuméraire à relever sans appuis.

En gros, j’ai la grâce d’une baleine échouée au milieu d’un salon. Impossible de me relever, j’ai maaaal. Je retire mes chaussures, décide de m’installer là, sur le bitume, pendant quelques minutes, le temps que la douleur passe et d’évaluer les dégâts.

J’ai mal.

J’ai trés maaal.

Oh la vache j’ai des contractions de folie.

L’espace d’un instant, je me suis vue accoucher devant le Monoprix, sur le trottoir sale, en pleine canicule. Alors je me suis mise à pleurer dans mes habits du dimanche.

Au bout de 10 minutes de solitude intense, un jeune homme de même pas 25 ans qui passait en voiture s’arrête devant moi. Tout sourire. Entreprend de m’aider à me relever. A l’air très impressionné par la couleur de mon genou et la taille de mon ventre.

Ultra-convaincante, je lui assure dans un large sourire plein de larmes que ça va aller et le remercie de m’avoir installé sur un petit muret. Il repart.

Je ne peux toujours pas bouger. Quelle conne.

15 minutes plus tard, le jeune homme réapparaît : « Ca me faisait souci de vous laisser là, toute seule, quand même ».

Je l’aurais embrassé, avec son sourire inquiet et ses grands bras musclés qui m’ont aidé à faire quelques pas.

Au final, j’ai appelé un taxi, retrouvé mes esprits (un peu), et passé la journée à marcher comme une septuagénaire, mais aucune casse n’est à déplorer.

Ce matin, au réveil, j’avais l’impression d’être passée dans une machine à laver et j’avais une pensée émue pour ce petit gars plein de gentillesse qui a été le seul à dépanner une baleine en détresse.

Les gens gentils existent. C’est pas croyable, non?

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 30 septembre, 2011
A 7:12
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Echappée belle?

Voilà 3 jours que je traîne ma misère sans bien comprendre pourquoi. Rationnellement, tout va plutôt bien : je vois arriver avec délice la quille du congé maternité, mon mari et mes bébés vont bien.

RAS, quoi.

Bah justement. Je me suis rendue compte que ma morosité est liée à une équation improbable née dans mon petit cerveau malade :

RAS = on l’a échappé belle, mais la prochaine fois, qui sait…?

Vous voyez le topo? En gros, je me réjouis des bonnes nouvelles pendant un temps approximatif de 45 secondes, le temps pour un poisson rouge d’oublier père et mère, puis mon inconscient appuie sur la touche Replay et me voilà partie dans des scénarios affreux et terribles de ce que serait ma vie sans l’immense coup de bol dont je viens d’être l’objet.

Ca me fait penser à la phrase de Dostoïevski « La talent sans la chance n’est rien« .

Je l’aime car elle force à l’humilité et qu’elle est terriblement vraie. Des fois, on se dit qu’on est le meilleur alors qu’on est généralement juste le plus veinard.
Bien entendu, le mérite, la persévérance et tout ça ont un rôle à jouer. Reconnaisson en effet qu’il est rare d’aboutir à quelque chose dans la vie quand on se contente d’astiquer un gros poil dans sa main … mais quand même, il faut admettre que le bol, il fait la pluie et le beau temps dans nos vie. Le salaud.

Voilà pourquoi je suis saisie de vertige, souvent, à l’idée qu’on est passé à un cheveu de la catastrophe.

Le souci, c’est que ça me fait ça quasiment tout le temps:

Ouf, ce soir Prince-Prince est rentré du boulot sans être pris dans un accident de voiture

Chouette, Joliepetite ne s’est pas faite enlever à la sortie de l’école.

Trop cool, la nounou de Godzilla n’a pas encore essayé de l’enfermer dans un placard.

Incroyable, ma bébé n’est atteinte d’aucune maladie incurable, je vais pouvoir lever le pied sur les recherches de cimetières.

Oui je sais j’ai un sérieux problème.

Du coup, de développe des tas de tics débiles pour conjurer le mauvais sort. Par exemple, vous ne verrez jamais quelqu’un sortir de chez moi sans que je lui dise « Sois prudent! ».

Résultat, ma fille de 4 ans est persuadée qu’on dit « Aurevoir, sois prudent » à tout le monde. Même à son petit frère quand il part juste prendre un bain. Ahem.

Mais je m’égare. Ce que je voulais dire surtout, c’est qu’il est épuisant de vivre constamment avec le sentiment d’avoir fait un hold-up et que la chance peut nous quitter à chaque instant. Du coup, dans les moments de tranquillité, on guette la prochaine galère et on se trouve presque désoeuvré sans tracas à gérer.

Heureusement, on peut toujours compter sur la vie pour dynamiser tout ça. Il faudrait juste que j’envisage les suprises qu’elle nous fait sous un angle possiblement optimiste :

Yeah, aujourd’hui j’ai gagné au loto

Wizz, j’ai perdu 25 kg en me nourrissant exclusivement de Nutella et de chips

So cool, mes enfants ont eu leur bac et leur permis de conduire à 4 ans et demi, comme ça on est tranquilles

Incroyable, la paix dans le monde est enfin arrivée et tout le monde mange à sa faim

Bref.

Je sens qu’il y a encore un peu de travail pour trouver le juste équilibre entre névrose obsessionnelle pessimiste et folie douce.

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 29 septembre, 2011
A 8:19
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Les youpi et les fuck

J’ai décidé d’inaugurer une nouvelle rubrique de paresseuse : les youpi et les fuck. Ca permet, en vrac, de vous faire partager milles détails futiles de mon quotidien sans trop me fouler. Faudrait pas que je me fatigue ou que je me fasse une torsion de l’index à force de tapoter mon clavier.

Les Youpi :

- un week-end sans enfant pour célébrer l’anniversaire de Prince-Prince. Deux grasses matinées, un nombre incalculable d’heures passées sous la couettes avec Don Draper (Mad Men) pendant que Prince-Prince se faisait un marathon rugby-running-footchball
- une soirée en amoureux dans un resto charmant
- une soirée avec les copains dans un resto-hammam-pizzeria-jazz
- joliepetite sage comme une image ces temps-ci
- monsieur sourire qui grandit à vue d’oeil (et que nous allons renommer Godzilla pour cette raison)
- la fin de quelques missions pénibles
- le dernier mois de travail avant le repos de la guerrière
- trois trés bons livres lu ces derniers jours (Ce que je sais de Dora Candida / Rien ne s’oppose à la nuit / Le club des incorrigibles optimistes)
- l’internet et le téléphone de retour!
- SFR qui s’excuse et me rembourse sans rechigner les semaines de disette
- un couscous chez maman et les bougies qui brillent pour mon amoureux
- l’anniversaire de Joliepetite, bientôt, et mon plaisir à l’idée de lui faire plaisir
- l’été indien, la piscine et les lunettes de soleil
- le sevrage du Coca Zéro, facile
- le gynéco qui dit « tout va bien, vous êtes faites pour avoir des bébés, vous »
- les déjeuners avec Joliepetite chaque jour, maintenant qu’elle ne va plus à la cantine, ni à la garderie
- les souvenirs de mon enfance qui reviennent grâce à ces déjeuners familiaux, un luxe en région parisienne
- Prince-Prince surmotivé pour courir le semi-marathon

Les Fuck :

- cette angine qui ne passe pas. Et la trouille récurrente d’apprendre que c’est un gros vilain CMV (Doctissimo c’est le maaal)
- les premières kiné respiratoires qui font pleurer fort mon Godzilla. Mais ça lui fait indubitablement du bien.
- les kilos qui s’entassent sur ma balance (et sur mes fesses, surtout)
- les papiers administratifs qui s’entassent, eux aussi. Un déménagement c’est la plaie.

Pas grand chose, en fait. Faut avouer que la vie n’est pas vilaine, ces temps-ci…

Joyeux lundi les amis.

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 26 septembre, 2011
A 7:26
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