Ceciel, Tête en l’air…

 
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My life. My rules.

Si je vous délaisse depuis des semaines, c’est que ma vie ressemble à une immense roue de hamster.

Je cours, je cours, je m’essouffle, et j’en reviens toujours au même point : enfants malades (tous en même temps), kilos en trop (un seul manque à l’appel mais je suis sûre qu’il va retrouver ses petits copains bientôt), travail par-dessus la tête, mari mécontent et sommeil en retard.

Vu comme ça, mes journées ressemblent à un long calvaire, mais que nenni! (En réalité, seules mes nuits sont affreuses, à raison de 5 à 10 réveils nocturnes pour causes de poussées de fièvre brutales, cauchemars, nez bouché, caca dans la couche et j’en passe des meilleurs).

Car mes journées, elles, sont pleines de rencontres nouvelles, de missions palpitantes, de copines sympas et de bébés tout neufs. Une combinaison gagnante qui fait mon bonheur mais suroccupe mon agenda de ministre.

Vous serez donc ravis d’apprendre que je me suis rapprochée d’une collègue et que nous formons une équipe du tonnerre, qui me donne le sentiment d’avoir un peu trouvé ma moitié professionnelle. Evidemment, les lunes de miel c’est toujours chouette, donc je reste sur mes gardes, mais dans l’ensemble tout ça sent fort bon.

A part ça, hier soir j’ai participé pour la première fois à la réunion d’un club féminin parisien (oui ça réseaute sévère chez Céciel comme vous voyez) et j’ai été étonnée, pour ne pas dire ébahie par ce que j’ai entendu. En gros, une conférencière est venue nous expliquer que pour être une femme forte et entière il faut adopter les codes des hommes : aimer les grosses voitures, les bureau en acajou avec vue sur la Défense, les petits cafés demandés à peine poliment aux assistantes fébriles…

Bien sûr le propos était plus nuancé mais je suis restée interdite devant tant de ringardise. La dame, coach internationale quand même, nous expliquait qu’il fallait toujours faire honneur à sa fonction et en assumer les apparâts. Oui mais bon, des apparâts codifiés par les hommes, bordel. Pourquoi leur emboîter le pas? Qui parmi nous attache de l’importance aux nombre de m2 de son bureau, la cylindrée de la voiture au parking ou la couleur de la CB professionnelle allouée par la DRH?

Je me suis longuement interrogée sur ces conseils étranges, parmi l’assemblée de voix conquises qui relataient chacune leurs déconvenues et choix professionnels, étayant la thèse de la conférencière.

Lorsque j’ai opposé une idée toute bête, toute simple, qu’une autre voie était possible, celle que « My life, my rules », les dames m’ont regardé comme une alien. Comme s’il était rigoureusement impossible d’être soi-même dans le monde du travail. Comme si seules la manipulation, la force, les signes extérieurs d’autorité et de pouvoir étaient les sésames de la puissance.

C’est drôle, j’ai un tout autre sentiment. Mais les écarts de génération expliquent sans doute cela. Car les quadra, les quinquas autour de moi semblaient acquise à la cause de la conférencière. Alors seules contre toutes, nous fûment deux ou trois, un peu plus jeunes, à prétendre savoir être naturellement puissante, « alignées » comme le disait la dame. Et qu’à l’aide de cette confiance en nous, de ce sentiment profond d’être à notre place et de ne pas avoir à nous excuser de nous pardonner d’être femmes à nos postes, et bien nous pourrions faire l’économie des grosses bagnoles et des bureaux vitrés et sauver un peu la planète (et notre dignité, un peu).

My life, my rules. Et le reste suivra.

(on peut rêver)

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 11 juillet, 2012
A 7:23
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Pochette suprise

Hier, j’avais rendez-vous avec une kiné pour ce qu’on appelle pudiquement « rééducation périnéale ». Vous les nullipares, ignorez votre chance. Pour nous, les usines à bébés, c’est un passage obligé si l’on veut garder sinon un corps de jeune fille, du moins une certaine tonicité. J’en avais donc pris mon parti et fixé le rendez-vous tant repoussé.

Le médecin m’avait prévenu : « je vous envoie chez la meilleure kiné mais attention, elle est…dynamique. Un peu sergent-chef sur les bords. Prenez des vitamines avant d’y aller. »

Ah ah. Comme si moi, Céciel, j’allais me faire secouer par une vilaine kiné hyperactive. Il m’en faut plus. J’en ai maté des pires que ça (le kiné reggaeman de Bébée en sait quelque chose).

Parfois, il faut pourtant aborder les obstacles avec humilité. Cette fois-ci, j’aurais dû.

J’ai passé l’heure la plus longue de ma vie chez cette dame :

- 16h15 : j’attends dans le hall. Je laisse soigneusement la porte entrebâillée comme elle l’était à mon arrivée, imaginant que c’est là l’habitude de la maison. Une tornade blanche d’1m80 surgit alors devant moi et crie à tue-tête : « Aaaaaah! la porte est ouveeeerte! elle ne sait pas fermer les pooooortes la petite dame? ». Ca commence bien. J’aime tellement qu’on parle de moi à la 3e personne alors que je suis présente.

- 16h17 : la dame m’installe dans une petite salle à côté d’elle et me demande pourquoi mes pupilles sont si dilatées. Elle insiste. M’entraîne devant un miroir : « Mais regardez-vous. Vous vous droguez? « (à cet instant, je pressens que l’heure va me sembler bien longue)

- 16h18 : elle veut que je mime Céciel faisant pipi.

- 16h19 : elle veut que je mime Céciel faisant caca. (elle ne m’a pas encore demandé mes antécédents ni mon nom de famille).

- 16h20 : je mime mal. Elle m’engueule. Faut dire j’ai redoublé la première année de conservatoire, j’aurais dû réviser toute ma vie pour ce moment précieux.

- 16h21 : elle me demande quel est mon métier. Enfin une question dont je connais la réponse. Elle me dit que mon métier a l’air chiant. Je me retiens de lui répondre que regarder des gens mimer leurs selles ne doit pas être non plus la panacée, mais je me retiens. Elle fait 4 têtes de plus que moi.

- 16h25 : elle dessine un grand coeur rose au stabilo sur mon dossier « Vous m’avez l’air sympa, vous. Je note qu’il faut vous traiter gentiment ». Je me demande ce qu’elle fait aux gens pour lesquels elle dessine une tête de mort.

- 16h30 : elle entreprend de faire un gros dessin plein de flèches et de couleurs. M’explique que c’est un périnée et tout ce qu’il y a autour. Elle pose des tas de questions surprises pour voir si je comprends bien sa démonstration. A un moment je lâche, un peu comme en cours de Maths en Terminale S (j’ai eu 5 au bac). Elle colle son visage au mien : « Aaaagh, vous avez lâché, je le vois bien! Allez, on reprend tout au début ». Il me semble bien déceler un semblant d’accent allemand. Je me surprend à rêver d’Angéla Merkel me dessinant un mouton.

- 16h40 : elle me demande si ma maman est incontinente. Je lui répond que je n’en ai aucune idée. Elle hulule : « Bravooooo! c’était une question piège. Ne parlez jamais de votre périnée avec les autres. C’est important d’être pudique. » Je me demande ce qu’elle pense de ma pudeur lorsqu’elle me demande de mimer ses trucs. Elle renchérit : « Ah, au fait, ne parlez SURTOUT pas de votre périnée à votre mari. Sinon il vous quittera à 40 ans pour votre meilleur copine ».

Je me dis que ça doit être de l’humour allemand alors je pouffe poliment.

- 16h45 : la kiné me regarde avec pitié. Puis me hurle dessus : « NE RIEZ PAS PETITE IMPUDENTE! Ces choses-là arrivent tous les jours. Ne parlez plus à votre mari. Soyez mystérieuse. Vous le garderez longtemps. Sinon IL VOUS QUITTERA ». Ca y est, je commence à déprimer. Elle a sûrement raison. Prince-Prince va me quitter pour ma meilleure copine. (Là j’ai un trou, j’ai pas mal de copines mais la notion de meilleure copine m’échappe un peu et j’en vois aucune prête à violer Prince-Prince. N’empêche je tremble, c’est le règlement.)

-16h50 : j’hyperventile

-16h55 : la dame me demande mon numéro de sécu. M’en souviens plus. « Vous avez pas fait assez d’enfant, alors, sinon vous le connaîtriez par coeur à force de l’écrire chez le pédiatre ». J’ai pas la force de lui répondre que les 3 enfants sont sur la sécu de Prince-Prince. Et que je n’avais jamais pensé que faire des mômes était le meilleur moyen mnémotechnique pour apprendre son numéro de sécu. Encombrant, comme astuce.

-17h00 : je veux rentrer chez moi, j’implore et je crie Maman.

- 17h15 : je suis presque libre. Avant de partir, je vois bien qu’elle veut me glisser une dernière recommandation. Je tends poliment l’oreille, m’attendant à une dernière saillie sur ma mère, mon job ou mon mari : « Vous savez ce que les pédophiles disent aux enfants pour les enlever? Que leur maman est à l’hôpital. Alors grouillez-vous d’expliquer ça à votre fille ». Je ne vois pas le rapport entre mon périnée, mes pupilles, mes meilleures copines et ces enfoirés-de-pédo mais je dois sûrement avoir grillé des neurones à cause de mon job nul.

- 17h16 : je suis dehors. Le match est fini. Jusqu’à la semaine prochaine. Priez pour moi.

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Par ceciel
Le 23 mai, 2012
A 8:34
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Martine à la playa

Ce week-end, nous avons étrenné officiellement le nouveau carrosse familial en nous rendant en Bretagne, fief de Prince-Prince. A cette occasion, nous avons décidé de passer un moment au bord de l’eau, ce qui n’avait rien d’évident dans la mesure où mon chéri est un « breton des terres » comme cela se dit là-bas.

(On me demande dans mon oreillette de décoder cet euphémisme. Hum.)

« Breton des terres » revient à dire que j’ai la chance d’avoir épousé un specimen de cette espèce bretonne très rare qui n’y connaît rien en voile ni en fruits de mer. En gros, il a grandi dans le village breton le plus éloigné des côtes. Hollywood.

(J’en connais une qui va dormir sur le canapé ce soir… Dire du mal de ses racines c’est au moins aussi dangereux que de rire du patois Gallo. Un jour, je vous expliquerai.).

 

Bon, et bien cette expérience plagesque avec les 3 marmots fût…inattendue.

 

Au bout de 15 mètres, Godzilla était ensablé. Figé comme une statue de sel, il a donc décidé de rentabiliser au maximum son environnement. Notamment en croquant à belles dents chaque coquillage à sa portée. Une fois récurées les coquilles St Jacques, il est passé au dessert : des poignées de sable. Pour nous montrer sa joie, il décochait de grands « mmmmiam » et faisant crisser ses dents.

(Je l’ai copieusement vermifugé en rentrant. J’espère que ça suffira à ne pas le voir se transformer en algue radioactive).

Ensuite, il a décidé de son commun accord que le sable c’était comme la neige, et se remémorant une expérience récente de bataille de boule de neige dans le jardin, m’a copieusement balancé du sable mouillé au visage. Hilarant, ce môme.)

Martine à la playa dans Ceciel blablate pilou1-300x300

Vu d’ici il a l’air sympa mais ne vous laissez pas duper par sa couverture mignonnesque. Ces joues roses dissimulent un être particulièrement tyrannique et sans foi ni loi.

 

De son côté, après 20 minutes d’euphorie, Joliepetite a décidé que l’eau était trop mouillée, le sable vraiment salissant, l’air particulièrement frais, et la plage globalement hostile. Ensuite elle a réclamé des toilettes pour faire pipi. Son père a dû négocier ferme pour lui expliquer qu’on n’était pas au Parc Monceau et qu’elle allait devoir s’exécuter là maintenant oui oui sur la plage le cu* à l’air sans rire. Après cette ultime contrariété, elle s’est donc plantée sur la serviette, doigts et orteils écarquillés pour fuir le sable diabolique, comme figée dans un dégoût absolu du lieu.

 

(45 minutes de bagnole pour voir ça…)

 

Après ceci, le grand breton est parti marcher au loin (trés loin), à son bras Bébée bien calme au chaud dans son couffin (je crois qu’elle est officiellement ma préférée), le menton relevé tel Napoléon à Sainte-Hélène.

Sûrement qu’un tas de pensées exceptionnelles agitaient son esprit supérieur , ou bien était-il juste en train de se foutre de ma gueule, puisqu’il a fort tardé à remarquer la Ceciel rougeaude et lasse, écrasée par un Godzilla congelé de 11 kg barbouillé de sable des pieds à la tête, et rendue sourde par la Joliepetite hurlante et pieds nus sur la plage à 10°C.

Donc j’ai râlé. Il a ri. Je me suis sentie con. On s’est roulé des pelles. Les enfants nous criaient « Hou les amoureux! ». On est rentrés.

 

Bref. On est allés à la plage.

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Par ceciel
Le 29 février, 2012
A 16:21
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Star system

Vous souvenez-vous de la jolie librairie tout près de chez moi, celle où j’avais brièvement assisté à une discussion avec Olivier Adam?

Figurez-vous que la semaine prochaine, elle accueillera Douglas Kennedy!

Evidemment il n’est pas Flaubert, mais malgré tout il est l’un des auteurs qui m’a réconcilié avec la littérature moderne et si ses derniers romans m’ont laissée un peu déçue, beaucoup d’autres m’ont enchantés.

Reste que je suis stupéfaite du dynamisme de cette belle librairie de quartier, chic et chaleureuse à la fois, qui sait faire vivre la littérature de mille manières toutes plus réjouissantes les unes que les autres.

L’espace d’un instant je me suis vue cesser mon activité pour travailler avec eux. Et puis j’ai réalisé qu’une librairie c’est avant tout un commerce, des stocks, des horaires…en bref : pas pour moi!

Mais ce fût un rêve sympathique. Et je me demande si la première sortie de bébée ne sera pas celle-ci.

Pensez-vous que Douglas a quelque chose contre les grognements de nourrissons têteurs ?

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Par ceciel
Le 30 novembre, 2011
A 8:34
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Il rit…

…souvent à gorge déployée, en jetant sa petite tête blonde en arrière, comme pour appeler les bisous voyous dans le cou (copyright JJG pour ceux qui suivent).

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Il serre ses petits poings rageusement lorsqu’on lui interdit quelque chose, et pousse des cris rauques d’agacement à faire palir Joeystarr.

Il va au coin sagement lorsqu’on le gronde, place ses mains croisées dans son dos comme les écoliers de Doisneau, et nous toise de son regard noir un peu bas. Shining dans autant d’innocence, c’est difficile à croire.

Il opine avec conviction lorsqu’on lui propose des gâteaux. Mais ne commettez pas l’affront de les lui remettre de main à main; non, c’est à lui – si grand et si petit- de se servir directement dans le paquet. Autonomie.

Souvent, il vient me chercher. Prend ma main avec autorité et précision – une main, ça ne s’attrape pas n’importe comment, non mais- et tire, tire, jusqu’à me convaincre de me lever.

Parfois il veut aller choisir un livre. Parfois, chiper un gâteau. Mais le plus souvent, il me traîne jusqu’à mon ordinateur où il veut regarder en boucle ceci. (Oui, un amateur de Traviata de 16 mois, ça existe).

Et dans quelques jours, cet haltérophile minuscule à la peau tendre et aux manières décidées deviendra…grand frère.

(Oh my God)

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Par ceciel
Le 22 novembre, 2011
A 9:18
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Pénélope et Paloma

Vous en avez sûrement entendu parler, de ce livre d’Anne-Marie Revol sorti en octobre dernier, « Nos étoiles ont filé« .

Depuis plusieurs semaines, le lire me trottait dans la tête. Une sorte d’attraction-répulsion pour le drame me faisait hésiter.

L’histoire? Pas une histoire, malheureusement. Juste la triste réalité d’une maman écrivant des lettres à ses deux filles de 16 et 24 mois, décédées en août 2008 dans l’incendie de la chambre où elles passaient des vacances chez leurs grands-parents.

Pas folichon, non. Cruel et triste, un peu voyeur aussi sans aucun doute. Mais bien entendu, vous vous en doutez, le fait divers n’est pas ma passion. C’est plutôt ma curiosité pour la lente progression que font les parents endeuillés le long de cette interminable échelle qui mène à l’apaisement.

Et puis finalement, j’avais décidé que non, je ne le lirai pas. Pas envie de me faire mal, pas envie de secouer à nouveau toutes ces pensées tristes qui m’assaillent -de moins en moins souvent, heureusement – lorsque je pense au grand frère que mes deux petits chéris ne connaîtront jamais.

Bref.

Je me suis faite rattraper par Elle. Et oui, devinez qui m’attendait sagement dans le colis envoyé par le magazine ce mois-ci pour le jury du prix littéraire ? Ce livre, précisément.

J’y ai vu un signe. Tu n’y couperas pas, ma grande, je me suis dit. Et je me suis mise à la lecture après quelques jours à tourner autour de ces 396 pages.

Sans surprise, je me suis fait embarquer par un tsunami. Dès la 3e page j’étais ravagée. Tenace, je me suis dit : « Quitte à te faire engloutir, vas-y, termine ce bouquin rapidement et on n’en parle plus ».

J’ai donc passé la journée en transit entre ma vie et leur mort. J’ai lu chaque lettre, j’ai compris chaque mot. Chacun des mots, vraiment. Parceque tout me parlait, je comprenais tout, je touchais du doigt chaque instant chaque détresse chaque larme.

Et surtout j’ai retrouvé cette phrase qui fait mal, celle que j’avais entendu Anne-Marie Revol prononcer à plusieurs reprises lors d’une interview radio : « Je leur écrit car je ne sais pas où sont mes filles. Je ne sais pas où elles sont.« . Si vous saviez combien de fois j’ai prononcé ou pensé ces mots, moi aussi.

Cela dit, je reste lucide. Même si la douleur d’Anne-Marie Revol trouve un écho terrible en moi, je sens bien que je suis encore loin du compte avant de mesurer ce qu’elle a pu ressentir.

J’ai fini le livre tard dans la nuit, en pleine flaque de moi-même. Les prénoms de Pénélope et de Paloma restaient flotter dans ma tête. Ils m’ont accompagnée toute la nuit durant. Ils ont imprégné mes rêves, mes réveils, et lorsque Joliepetite en pleine -énième- crise d’asthme a débarqué dans notre lit au coeur de la nuit j’ai remercié le ciel et je me suis endormie le nez dans son cou et sa petite jambe enroulée autour de la mienne

Au matin j’ai englouti Monsieur Sourire de baisers sonores et quelque part un peu despespérés, voulant -encore et toujours- retenir la nuit, retenir ce jour, retenir la vie qui s’enfuit.

Et puis finalement, rapidement, le quotidien trivial a encore gagné la bagarre contre la philosophie amoureuse.

Dans le rush du matin blême de décembre, il n’y avait plus de chauffage chez nous, plus d’eau chaude non plus. Une joliepetite nerveuse et provocatrice nous agaçait les nerfs. Une pile de travail m’attendait sur le bureau. La neige tombait à gros flocons au-dehors.

J’étais de retour.

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Par ceciel
Le 7 décembre, 2010
A 17:06
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Docteur Balourd

Moi, avant, je connaissais un beau dentiste.

Le divin Romain avait le même âge que le mien, il était brun il était beau, il semblait bon le sable chaud et le rock’n roll. En bref, pendant 3 ans j’ai jamais été aussi contente d’aller chez le dentiste.

Jamais en retard d’une petite blague, d’une oeillade et d’une déconnade, j’avoue que nos rendez-vous avaient plutôt des airs de coup entre amis que de revival de Massacre à la roulette.

Mais le mois dernier j’ai appris la terrible nouvelle : Romain nous a quitté.

Non il n’est pas mort. Il est juste parti. Faut dire qu’il rêvait d’être rockeur et bossait déjà un peu en dilettante (genre 3 demi-journées de travail contre tout le reste de glande à pousser la chansonnette quelque part dans Paname. Oui Paname, pas Paris. Les rockeurs causent comme ça).

Bon, il a donc fallu ravaler ma grande tristesse et mes hormones frétillantes et m’atteler à la recherche d’un nouveau Docteur Mamour.

Intelligemment, j’ai consulté les pages jaunes.

Hum.

Un de ces 4 il faudrait qu’ils pensent à mettre des photos ou à créer un facebook des dentistes, mais je vous assure le casting est impossible dans ces conditions de dénuement technologique.

Donc j’ai fini par faire n’importe quoi, comme il se doit. J’ai mis mon doigt au hasard sur l’écran et j’ai choisi un nom pour remplacer mon Docteur Mamour.

J’aurais dû me méfier lorsque la secrétaire m’a donné un rendez-vous pour le lendemain. Aucun dentiste digne de ce nom n’est jamais disponible en 24 heures pour un patient inconnu (aussi jeune & jolie soit-elle, cela va de soi).

Ce matin, j’ai donc été saisie de gros doutes et sueurs froides.

Prince-Prince se gaussait d’avance et se doutait bien que j’allais avoir des trucs à lui raconter ce soir (enfin autre chose que la couleur du caca de Monsieur Sourire ou l’organisation de la fête d’anniversaire de Joliepetite).

Il m’a fait juré craché de n’accepter aucun soin important au premier rendez-vous. (NB : quand je pense que lui & moi on s’est retrouvés nus dans un lit environ 4 heures après notre premier regard, je trouve ça drôle qu’il me donne des leçons de morale buccale 6 ans plus tard).

Bref.

Ce fût – conformément aux prédictions- une catastrophe.

Le nouveau dentiste ressemble à un Père Noël sale, mais en plus gros, avec des points noirs sur le nez et des croûtes dans les zoreilles (miam, je sais).

En plus il s’est pas lavé les mains avant de les fourrer dans ma délicate bouche rose et proprette.

En plus il a 95 ans au bas mot (il m’a avoué qu’il avait commencé à bosser en … 1967!!!) et a jugé nécessaire de me raconter des tas de choses inutiles et inintéressantes afin de faire durer le plaisir. Je cite en vrac :

- pourquoi il faut laisser vivre les dents de sagesse (Parceque Dieu nous a fait comme ça, et oui. Ca doit aussi expliquer les points noirs et les croûtes dans les oreilles).

- pourquoi ces satanés écologistes n’auront jamais la peau du bon vieux plombage au mercure (Parceque les trucs écolos, c’est de la meeerde).

- pourquoi les dentifrice vendus en grande surface, c’est le Mal (Parcequ’ils sont interdits de séjour en pharmacie, c’est dire).

En bref, j’ai dû passer 25 secondes la bouche ouverte afin qu’il puisse y fourrer ses gros doigts et conclure que tout va bien (si je saigne et que j’ai bobo, c’est dans ma tête, sûrement…); mais j’ai en revanche passé 25 minutes les oreilles bien ouvertes pour absorber tout ce que le Père Noël maléfique avait envie d’y déverser.

Les amis, je suis épuisée et j’ai envie de me laver la bouche à l’eau de javel.

A part ça, ouf, je vais voir Olivier Adam dans 3 heures.

Ca fait du bien un peu de douceur dans ce monde de brutes.

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 15 octobre, 2010
A 14:28
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Je voulais vous faire part…

…de ma grande nullité en matière de faire-part.

A l’ère de l’internet et de la communication par mail, je peux vous dire que le faire-part est une rare prise de tête à mes yeux. Je me plie à l’exercice pour toutes les Tantes Jeanine et Mémé Violette de mon coeur qui n’ont jamais vu un ordinateur et qui méritent grandement de découvrir la jolie bouille de mon Monsieur Sourire.

(le monde serait tellement plus beau si on avait tous un poster de Monsieur Sourire au-dessus de nos lits).

Pour tous les autres pour qui c’est important alors qu’ils ont moins de 60 ans et une adresse mail (les relous les relous) je me dis que quand même, faut arrêter de s’accrocher à des traditions surranées, tout le monde sait qu’on finit toujours pas jeter les faire-part à la poubelle avec un pincement au coeur bien sûr, mais sincèrement que voulez-vous faire de tous ces bons sentiments?

A moins d’avoir une âme d’artiste, beaucoup de murs à décorer et une sacrée capacité à scrapbooker tout et n’importe quoi, vous vous retrouvez quand même biens cons avec ces tonnes de papiers dont vous ne savez que faire.

Allez, avouez que l’envie de tout jeter vous brûle les doigts! Oserais-je jeter cette photo de remerciements datant de 5 ans? Que faire de ce splendide plan pour se rendre à la salle des fêtes de Chibouilly-les-villages*? Dois-je vraiment conserver l’invitation à la boum de Caroline Bague datant du CM2?

(c’est là que – bande d’affreux jojos- vous allez m’envoyer des tonnes de messages pour me dire que vous, vous gardez scrupuleusement tous les faire-part. Et j’aurais l’air d’une sorcière sans coeur et la culpabilité me creusera des trous dans l’estomac (communément appelé « ulcère »).
Cela dit, déménagez 30 fois en 32 ans et on reparle de la durée de conservation des objets inutiles).

Voilà, c’est dit.

Tout ça pour vous dire qu’une punition divine s’est abattue sur moi pour les faire-part de naissance de Monsieur Sourire.

Au début tout allait bien. Madame Tatoum-la-délicieuse avait accepté de nous concocter une jolie photo. Mission qu’elle a remplie haut la main. D’ailleurs, voici ladite photo pour vous montrer combien c’était beauzéjoli.

fairepart.jpg

(copyright La Tatoum, hein).

Bon.

C’est après que les ennuis commencent.

J’ai écumé les sites web pour parvenir à concocter un faire-part correct. Dans la plupart on ne peut rien choisir, ni les couleurs ni le nombre ou l’emplacement des photos. De plus leur mode d’emploi est abscons. Enfin, comme Monsieur Sourire est le fruit de l’amour, il a fallu se mettre d’accord avec un Prince-Prince qui se sentait quand même concerné (on aura tout vu).

Du coup, je jour où j’ai appuyé sur ce foutu bouton « Commander les faire-part », j’ai failli avoir une érection.

(Comment ça je suis une fille et c’est pas possible? Mince, ça expliquerait un tas de choses…)

Bref.

2 jours plus tard, dring le colis arrive. Je l’ouvre avec impatience, pressée d’envoyer son faire-part à Tata Jeanine. Un éclair de stress me traverse immédiatement. Mon cerveau élégant et délicat hurle dans son crypto-langage fleuri: « Meeeeeerde putain sa race, je me suis gourée, pourquoi les faire-part sont roses???? ».

Je respire un grand coup, me prépare à expliquer à Prince-Prince que j’ai encore blondi cette semaine et qu’il faut pas m’en vouloir c’est la grossesse et le manque de sommeil, sûrement.

Puis j’ouvre le faire-part. Qui m’annonce que Morgane est bien née et attend les visites de toute la famille à Degoujèle-sur-besace* (Bourgogne).

Ma nullité webesque n’allant pas jusqu’à la schizophrénie digitale, j’en ai conclu que j’avais reçu les faire-parts d’une autre famille. Ca n’arrive qu’à moi ce genre de trucs.

Bon, je vous épargne les détails mais après 10 jours de tractation, la gentille famille de Morgane n’a jamais pris la peine de me renvoyer mon colis alors que moi je me suis cognée 25 minutes de queue à la Poste (avec une jolipetite hurlant pour obtenir une sucette) pour renvoyer le leur.

J’ai donc bataillé ferme pour obtenir une réimpression de la part du site web lobotomisé à qui j’avais confié le boulot (et ma dignité familiale).

Nos faire-parts sont donc arrivés hier. Enfin, j’ai envie de dire.

Reste plus qu’à les envoyer. Hum. Si vous pensez faire partie de la liste des destintaires, ne vous formalisez pas si vous n’avez rien reçu d’ici 2011.

Chi va piano va sano, il paraît…

* J’adore inventer des noms de villages, pas vous?

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 7 octobre, 2010
A 9:53
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Victoire à la Pyrrhus

Cette nuit j’ai dormi.

Le prix de cette tranquillité? L’arrêt de l’allaitement. Autant vous dire que j’ai les boules. Les grosses, ouais.

Vous le savez, je n’ai rien d’une maman bio, d’une ayatollah de l’allaitement et autres mais il se trouve que j’adore allaiter, et que tout se passait bien avec PetitPanda.

Je savourais en particulier ce moment addictif où, au terme de la têtée, mon bébé repu repoussait le sein, les joues rougies et gonflées, tartinées de lait, les yeux fermés dans un moment de pur bonheur. A chaque fois, j’enfouissais mon nez dans son cou brûlant et moite et je respirais comme une junkie cette odeur de bébé, de lait, de chaleur et d’amour.

Mais voilà, il y a ces foutues allergies.

Optimiste, je pensais que je m’en sortirai haut la main, comme avec Joliepetite. J’ai donc exclu trés vite de mon alimentation le lait, le beurre, la crème, le fromage. Ce régime de choc avait fait ses preuves.

Mais PetitPanda n’en fait qu’à sa tête. A près 15 jours de ce régime assez infructueux (eczema et diarrhées toujours au rendez-vous, miam), j’ai décidé de pousser plus loin le perfectionnisme. J’ai alors exclu de mon alimentation tout ce qui contient de près ou de loin des traces de lait (c’est à dire toute la nourriture industrielle, des gâteaux en passant par l’épicerie salée, le veau et le boeuf) ainsi que les principaux allergènes (oeufs, soja, arachides, fraises, tomates, poisson etc.).

Au final, vous l’aurez compris, il ne restait plus grand chose dans mon assiette. Mais la fin justifie les moyens. Sauf que…

Cela ne suffisait toujours pas. Mon bébé a développé une diarrhée persistante et cruelle qui l’a rendu insomniaque et braillard plus que jamais.

La pédiatre, pas trés chrétienne, me livre le coup de grâce : « Cela n’est pas dû aux allergies. Votre alimentation est trop riche en fibres, votre bébé ne le supporte pas ».

En résumé, les légumes non plus ne sont plus autorisés.

Courageuse, j’ai donc aussi levé le pied sur les légumes. Mais rien n’y fait, bébé continue à hurler. La moindre erreur se paie immédiatement. Le moindre écart le met en transe immédiate. A ce stade, j’ai fini par me demander si lui fournir un lait de qualité était vraiment dans mes moyens.

Alors hier soir, j’ai rationalisé sec. J’ai demandé à Prince-Prince de lui donner du lait industriel spécial allergies et de me laisser dormir. Je voulais juste me reposer et prendre quelques jours pour me laver le corps de toute trace d’allergène avant d’entamer 3 mois de régime riz-jambon-huile d’olive (puisque je ne peux manger que cela, en gros).

Mais ce matin il y eut l’évidence. Avec ce lait, PetitPanda a passé une nuit sereine, calme, tranquille. Ce matin mon bébé était doux et roses, son eczema déjà apaisé après seulement quelques heures de lait industriel.

Du coup j’ai pris la décision d’arrêter de nous faire du mal à moi comme à lui.

Et puis, pour fêter ça, j’ai mangé un tournedos à midi et une grosse tartine de fromage arrosée de bon cidre breton.

De son côté, PetitPanda a enchaîné les biberons zen toute la journée, et le voilà encore endormi à côté de moi, plein d’une sérénité que je ne lui connaissais pas.

Alors tout est bien dans le meilleur des mondes?

Et bien non. Jamais contente, cette Céciel…

Je découvre à mes dépends qu’un sevrage brutal, c’est comme un petit deuil. Ca arrive sans prévenir, ça fait mal au corps et à la tête. Le manque envahit chaque cellule. Quelque chose ne tourne pas ronde, tout est allé plus vite que la musique et mon petit coeur meurtri n’arrive pas à raccrocher les wagons.

Bien sûr, depuis ce matin je bataille en me disant que c’est mieux pour nous deux et que je vais y gagner en liberté, en saveur. Et lui va cesser de souffrir, c’est pas rien. Le bénéfice est d’ailleurs déjà cruellement manifeste.

Mais rien n’y fait. Je n’ai pas pu dire aurevoir à cet allaitement que j’aimais.

Je me retrouve avec deux obus à la place des seins et un grand vide dans le coeur.

Ca passera, bien sûr. Mais je suis fort triste. Il me manque, mon petit milky-junky de 5 semaines…

Et moi qui avait pris 5 mois de congé maternité en prévision d’un allaitement long. Ironie, quand tu nous tient…

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 5 septembre, 2010
A 21:42
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Rendez-vous dans dix ans…Cet été-là.

Plus jeune, je n’ai jamais eu la bonne idée de donner rendez-vous à mes amis dans dix ans, pour voir ce que chacun serait devenu … et surtout moi.

Aujourd’hui, je ne le regrette pas tant. Pour être honnête, je fréquente encore tous ceux que j’aimais il y a dix ans alors à quoi bon ces rendez-vous d’anciens combattants?

Faisons la liste.

Ceux que je ne vois plus…parfois par flemme, parfois par fâcherie, ils ne me manquent pas vraiment. Tout au plus regrette-je quelques dommages collatéraux de ma paresse mais soyons lucides, il faut être deux paresseux pour rater une relation donc je ne dois pas être la seule fautive, c’est déjà ça.

Le fait est que ces chers disparus devaient être aussi peu empressés que moi à nourrir notre relation alors disons que tout est bien.

Pour les autres...une sélection naturelle s’opère et tant mieux. Cela fait aussi du bien parfois d’alléger son bagage de quelques copines toxiques et de deux ou trois peaux de vaches déguisées en fleurs…n’est-ce pas?!

Tout ça pour dire qu’à l’approche de mon anniversaire et de cette nouvelle naissance, l’heure des bilans sonne un peu pour moi.

A la faveur d’une bonne chanson un peu mélancolique sur Deezer, je me suis demandée aujourd’hui ce que la Ceciel d’il y a dix ans penserait de la Céciel d’aujourd’hui.

Pour être honnête, je pense qu’elle serait assez épatée. Un boulot sur-mesure, un mari canon, une certaine tranquillité d’esprit et une petite fille en or… Ca relativise forcément les crises de bougonneries hormonées.

Il y a dix ans, j’avais 22 ans. Je terminais les études. Je me croyais timide et poussive. Je ne savais pas quoi faire de moi.

Mais cet été-là j’ai découvert le journalisme et ma vie a changé. Même si je me suis finalement -un peu- écartée de cette profession, cet été 2000 a été magique car elle m’a donné le sentiment d’être profondément à ma place devant un écran, un clavier, avec une histoire à raconter et des gens à rencontrer.

De timide je suis devenue entreprenante. De mes doutes j’ai fait éclore une sensibilité. Dans le regard des autres pour la première fois je lisais du respect, peut-être même parfois des éclairs d’admiration, et puis surtout une confiance profonde en ce que j’allais leur montrer.

Cet été-là, la petite stagiaire dans un journal de presse quotidienne régionale à fait plusieurs fois la Une, a tenu des rubriques entières à bout de bras. Fourmi, j’ai rédigé des kilomètres et des kilomètres d’articles, interviewé à tout-va, pris ma voiture de pélerin pour aller chercher les sujets. Bref, j’ai mis les mains dans le camboui et j’ai aimé cela d’amour.

Dix ans plus tard, j’ai bifurqué un peu mais conservé dans l’ADN de mon job tout ce qui m’a réveillée cet été-là : l’écriture, la diversité des sujets et des interlocuteurs, l’énergie. Et j’y ai ajouté la satisfaction de bien gagner sa vie, de ne pas avoir de patron et de réfléchir en profondeur.

Ils sont rares, les métiers où l’on mobilise vraiment ses capacités intellectuelles pour résoudre un problème, inventer une solution, créer un concept. J’ai la chance de bien m’amuser avec le mien, alors…j’adresse un clin d’oeil à la Céciel des années 2000, je lui dis « c’est pas si mal, ma fille » et je lui donne rendez-vous dans dix ans.

Avec une feuille de route : gagner en sérénité, mon combat quotidien. Gagner en sagesse, aussi. Agrandir la famille comme dans mes rêves et tant pis pour ce corps qui n’en fait qu’à sa tête. Rester farouchement libre et ne me faire dicter ma route par personne. Surtout, apprendre cette liberté à mes enfants.

Finalement, grandir.

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 17 juin, 2010
A 14:58
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