Ceciel, Tête en l’air…

 

Le dernier jour d’insouciance

L’ennui avec le dernier jour d’insouciance, c’est l’ignorance dans laquelle on se trouve de leur fragilité et de leur importance.

Si l’on savait, on ferait tout différemment. Si l’on savait…

Mon dernier jour d’insouciance était l’une des premières journées froides de cette année. Je sortais d’une réunion si calamiteuse qu’elle en devenait drôle, qu’elle me donnait des envies d’école buissonnière, qu’elle me donnait envie de rire de ces absurdes personnes que je venais de rencontrer presque sur un malentendu joyeux. Cette réunion était sans conséquence. Une verrue vite oubliée parmi les nombreuses satisfactions qu’offrait mon activité depuis plusieurs années.

J’appelai ma mère, la sachant près d’ici.

Elle décroche, joviale. Nous improvisons un déjeuner ensemble. Joyeusement calamiteux, lui aussi.

Le somptueux plateau varié que nous avions choisi dans un élan d’ambition s’avérait froid, insipide, mais notre conversation nous réchauffait, toutes joyeuses que nous étions de cette rencontre improvisée si vite et si bien. Un moment volé dans nos vies folles où nous courions l’une et l’autre sans cesse comme deux balles de mercure tordues dans un labyrinthe.

Un café gourmand dans un fauteuil club et un cheese cake plus tard, nous voici en plein shopping scandaleux. Comme souvent avec elle, je m’oublie, me laisse guider, tente quelques résistances mais sa volonté s’impose. Saisir l’instant est important, aussi je cède.

De retour chez moi avec mille sacs et tant de vêtements trop vite essayés, trop vite choisis, trop vite achetés comme toujours avec elle, aussitôt décevants pour la plupart lors de leur atterrissage dans ma penderie. Le recul, ma chérie, la patience, ma chérie, me répète mon mari qui nous connaît si bien et qui sourit jaune de ces dépenses inconsidérées.

Je lance un baiser rapide, ma mère me dépose hâtivement au bord de la route, le temps presse, les voitures klaxonnent, la nuit est déjà tombée, la chaussée est mouillée. Je rentre le coeur léger. Cette journée fut belle.

Deux jours plus tard, ce monde minuscule et réconfortant, ces instants infroissables qui semblaient annoncer le début d’autre chose, ont disparu. Bel et bien. Mal et bien.

Mon dernier jour d’insouciance a filé.Et  j’y repense, incrédule.

 

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Par ceciel
Le 11 décembre, 2012
A 9:46
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I’m not dead

Devant vos mails inquiets et la fréquentation indécente de ce blog qui n’offre pourtant plus aucune contenu récent, je suppose que mon dernier post a dû en inquiéter plus d’un.
Je vous rassure donc : I’m not dead.

Nous avons juste traversé 2 nouvelles bronchiolites, une hospitalisation de Godzilla (la 5e de l’année, call me lucky), une varicelle, du travail comme s’il en pleuvait, 4000 pages de Game of throne, le dernier Olivier Adam, une tentative avortée de week-end en amoureux à Lisbonne, un lave-linge cassé, un anniversaire de Joliepetite, une nounou casse-c*, une voiture en panne, deux voitures en panne, am stram gram, pique et pique et colegram.

La vie, quoi.

Depuis, mon moral est presque bon, si ce n’étaient ces kilos, cette fatigue, l’eczema des paupières qui est un peu le guest surprise des 3 derniers mois dont je me passerais volontiers.

Je lis beaucoup, je regarde quelques bons films le soir avec mon amoureux, je bisouille mes enfants ronds mes enfants doux mes enfants souriants. Je panique scrupuleusement chaque jour devant le nombre de choses à faire pour moi, mon travail, ma maison, l’administratif, les enfants, la santé, le frigo, Prince-Prince, Noël qui arrive, Bébée qui aura 1 an dans quelques jours.

Je suis à la bourre, comme il se doit.

J’ignore à quoi ressemblera mon année prochaine, il me vient des idées d’année sabbatique, de 4/5e, de vacances, de grasse matinée, d’écriture…un jour peut-être.

 

See you.

 

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Par ceciel
Le 20 novembre, 2012
A 9:49
Commentaires : 5
 
 

Les roses ont fané

Ma mère nous a offert une plante, encore. Un rosier. Elle s’obstine à espérer que la vie verte prenne un jour chez nous. Acharnement mystérieux puisque nous avons eu raison de plusieurs orchidées, d’endurantes plantes de salles d’attente et de quelques cactus.

Regarder cette plante déjà morte en si peu de temps, une semaine, et je me surprends à me demander si au fond, l’air de ma maison ne serait pas toxique, tout simplement. Comme si la vie ne savait pas couler doucement ici. Chez nous la vie est malade, s’épuise, et fane.

Que vous dire de mes semaines silencieuses, sinon des hôpitaux, encore, pour Godzilla, pour Bébée, et finalement pour moi?

Que vous dire de ma vie folle? Du travail, gigantesque raz de marée. Et pourtant, tant et tant de plaisir à le faire. La tentation de m’y noyer, parfois. Cette sensation d’être bonne à quelque chose, quelque part. Peut-être même uniquement là…

Et que dire des miens? De mes enfants ronds et roses, sourires en drapeau, canailles tyranniques que je contemple avec étonnement. Comme une invitée à qui on aurait donné la clé. Quelle inconscience.

Car la vie est difficile, compliquée, exténuante. Vivre me tue, décidément. Je ne suis ni la premiére ni la plus à plaindre. Mais ceci est ma vie et ceci ne tient pas droit.

Je ne sais pas résoudre cette équation étrange d’une maison pleine d’enfants sensationnels, d’un travail hors du commun…et de mes deux petits bras pour étreindre tout cela.

D’amour, parlons-en. Ou n’en parlons pas.

Hier j’ai vu le film  » Un heureux événement ».Souvenir d’Eliette Abecassis et d’un livre que j’avais sottement trouvé nul, non-maman que j’étais.

J’ai trouvé ça bête, qu’ils se refusent à mettre en scène la vraie fin, celle du livre, celle où ils se quittent. Elle aurait été cruelle, c’est vrai. Mais c’était leur vérité.

Allez, nous aimons tous vivre d’espoirs. Laissons la porte ouverte. La mienne donne sur la chambre d’une petite fille qui tousse, 8 jours de calme c’était trop, et sur le silence d’un mari endormi. Deux autres âmes se pelotonnent dans un coin de lit et rêvent qui de nattes dénouées et qui de la texture incomparable des doghnuts sans œufs. Une dernière âme peut-être volette pas si loin en rêvant de la chaleur d’une maman. Une clé manquante au trousseau.

Pour moi la nuit commence. 23h47. Je viens de finir de travailler. Il m’en reste autant à faire demain et les jours d’aprés. Je dîne de pâtes collées au fond de l’égouttoir et de tranches de saumon suantes oubliées dehors. La machine de linge à vider. Une autre à lancer. Ah non, l’essoreuse n’a pas marché. Bébés qui tousse. Le lave-vaisselle à remplir. Les paupières qui me démangent. Joliepetite à emmener à l’école demain. Sa pochette à préparer. Ces petits boutons tout bêtes qui poussent sur mon visage. Mon appétit vacillant. Mon moral qui s’enfuit. La perplexité. L’envie de dilater le temps infiniment, pour lire, dormir, regarder, écouter, câliner sans fin. La vie qui nous oblige à faire tout sauf ça.

La nuit. La nuit. La nuit.

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Par ceciel
Le 12 septembre, 2012
A 21:50
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My life. My rules.

Si je vous délaisse depuis des semaines, c’est que ma vie ressemble à une immense roue de hamster.

Je cours, je cours, je m’essouffle, et j’en reviens toujours au même point : enfants malades (tous en même temps), kilos en trop (un seul manque à l’appel mais je suis sûre qu’il va retrouver ses petits copains bientôt), travail par-dessus la tête, mari mécontent et sommeil en retard.

Vu comme ça, mes journées ressemblent à un long calvaire, mais que nenni! (En réalité, seules mes nuits sont affreuses, à raison de 5 à 10 réveils nocturnes pour causes de poussées de fièvre brutales, cauchemars, nez bouché, caca dans la couche et j’en passe des meilleurs).

Car mes journées, elles, sont pleines de rencontres nouvelles, de missions palpitantes, de copines sympas et de bébés tout neufs. Une combinaison gagnante qui fait mon bonheur mais suroccupe mon agenda de ministre.

Vous serez donc ravis d’apprendre que je me suis rapprochée d’une collègue et que nous formons une équipe du tonnerre, qui me donne le sentiment d’avoir un peu trouvé ma moitié professionnelle. Evidemment, les lunes de miel c’est toujours chouette, donc je reste sur mes gardes, mais dans l’ensemble tout ça sent fort bon.

A part ça, hier soir j’ai participé pour la première fois à la réunion d’un club féminin parisien (oui ça réseaute sévère chez Céciel comme vous voyez) et j’ai été étonnée, pour ne pas dire ébahie par ce que j’ai entendu. En gros, une conférencière est venue nous expliquer que pour être une femme forte et entière il faut adopter les codes des hommes : aimer les grosses voitures, les bureau en acajou avec vue sur la Défense, les petits cafés demandés à peine poliment aux assistantes fébriles…

Bien sûr le propos était plus nuancé mais je suis restée interdite devant tant de ringardise. La dame, coach internationale quand même, nous expliquait qu’il fallait toujours faire honneur à sa fonction et en assumer les apparâts. Oui mais bon, des apparâts codifiés par les hommes, bordel. Pourquoi leur emboîter le pas? Qui parmi nous attache de l’importance aux nombre de m2 de son bureau, la cylindrée de la voiture au parking ou la couleur de la CB professionnelle allouée par la DRH?

Je me suis longuement interrogée sur ces conseils étranges, parmi l’assemblée de voix conquises qui relataient chacune leurs déconvenues et choix professionnels, étayant la thèse de la conférencière.

Lorsque j’ai opposé une idée toute bête, toute simple, qu’une autre voie était possible, celle que « My life, my rules », les dames m’ont regardé comme une alien. Comme s’il était rigoureusement impossible d’être soi-même dans le monde du travail. Comme si seules la manipulation, la force, les signes extérieurs d’autorité et de pouvoir étaient les sésames de la puissance.

C’est drôle, j’ai un tout autre sentiment. Mais les écarts de génération expliquent sans doute cela. Car les quadra, les quinquas autour de moi semblaient acquise à la cause de la conférencière. Alors seules contre toutes, nous fûment deux ou trois, un peu plus jeunes, à prétendre savoir être naturellement puissante, « alignées » comme le disait la dame. Et qu’à l’aide de cette confiance en nous, de ce sentiment profond d’être à notre place et de ne pas avoir à nous excuser de nous pardonner d’être femmes à nos postes, et bien nous pourrions faire l’économie des grosses bagnoles et des bureaux vitrés et sauver un peu la planète (et notre dignité, un peu).

My life, my rules. Et le reste suivra.

(on peut rêver)

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Par ceciel
Le 11 juillet, 2012
A 7:23
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Star system

C’est bientôt mon anniversaire.

Une curiosité débile m’a poussée à essayer de savoir qui était né le même jour. #maiskeskimapris

(Douchka, Damien Sargues et Véronique Genest, quand même…!)

 

 

Star system dans Ceciel blablate Capture-d’écran-2012-06-12-à-15.24.09

 

Heureusement Samuel Benchetrit et Chris Isaak relèvent le niveau. On n’est pas passé loin de la catastrophe.

 

(Ah merde j’avais pas vu Garou. Je meurs.)

 

 

 

 

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Par ceciel
Le 12 juin, 2012
A 13:30
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Pochette suprise

Hier, j’avais rendez-vous avec une kiné pour ce qu’on appelle pudiquement « rééducation périnéale ». Vous les nullipares, ignorez votre chance. Pour nous, les usines à bébés, c’est un passage obligé si l’on veut garder sinon un corps de jeune fille, du moins une certaine tonicité. J’en avais donc pris mon parti et fixé le rendez-vous tant repoussé.

Le médecin m’avait prévenu : « je vous envoie chez la meilleure kiné mais attention, elle est…dynamique. Un peu sergent-chef sur les bords. Prenez des vitamines avant d’y aller. »

Ah ah. Comme si moi, Céciel, j’allais me faire secouer par une vilaine kiné hyperactive. Il m’en faut plus. J’en ai maté des pires que ça (le kiné reggaeman de Bébée en sait quelque chose).

Parfois, il faut pourtant aborder les obstacles avec humilité. Cette fois-ci, j’aurais dû.

J’ai passé l’heure la plus longue de ma vie chez cette dame :

- 16h15 : j’attends dans le hall. Je laisse soigneusement la porte entrebâillée comme elle l’était à mon arrivée, imaginant que c’est là l’habitude de la maison. Une tornade blanche d’1m80 surgit alors devant moi et crie à tue-tête : « Aaaaaah! la porte est ouveeeerte! elle ne sait pas fermer les pooooortes la petite dame? ». Ca commence bien. J’aime tellement qu’on parle de moi à la 3e personne alors que je suis présente.

- 16h17 : la dame m’installe dans une petite salle à côté d’elle et me demande pourquoi mes pupilles sont si dilatées. Elle insiste. M’entraîne devant un miroir : « Mais regardez-vous. Vous vous droguez? « (à cet instant, je pressens que l’heure va me sembler bien longue)

- 16h18 : elle veut que je mime Céciel faisant pipi.

- 16h19 : elle veut que je mime Céciel faisant caca. (elle ne m’a pas encore demandé mes antécédents ni mon nom de famille).

- 16h20 : je mime mal. Elle m’engueule. Faut dire j’ai redoublé la première année de conservatoire, j’aurais dû réviser toute ma vie pour ce moment précieux.

- 16h21 : elle me demande quel est mon métier. Enfin une question dont je connais la réponse. Elle me dit que mon métier a l’air chiant. Je me retiens de lui répondre que regarder des gens mimer leurs selles ne doit pas être non plus la panacée, mais je me retiens. Elle fait 4 têtes de plus que moi.

- 16h25 : elle dessine un grand coeur rose au stabilo sur mon dossier « Vous m’avez l’air sympa, vous. Je note qu’il faut vous traiter gentiment ». Je me demande ce qu’elle fait aux gens pour lesquels elle dessine une tête de mort.

- 16h30 : elle entreprend de faire un gros dessin plein de flèches et de couleurs. M’explique que c’est un périnée et tout ce qu’il y a autour. Elle pose des tas de questions surprises pour voir si je comprends bien sa démonstration. A un moment je lâche, un peu comme en cours de Maths en Terminale S (j’ai eu 5 au bac). Elle colle son visage au mien : « Aaaagh, vous avez lâché, je le vois bien! Allez, on reprend tout au début ». Il me semble bien déceler un semblant d’accent allemand. Je me surprend à rêver d’Angéla Merkel me dessinant un mouton.

- 16h40 : elle me demande si ma maman est incontinente. Je lui répond que je n’en ai aucune idée. Elle hulule : « Bravooooo! c’était une question piège. Ne parlez jamais de votre périnée avec les autres. C’est important d’être pudique. » Je me demande ce qu’elle pense de ma pudeur lorsqu’elle me demande de mimer ses trucs. Elle renchérit : « Ah, au fait, ne parlez SURTOUT pas de votre périnée à votre mari. Sinon il vous quittera à 40 ans pour votre meilleur copine ».

Je me dis que ça doit être de l’humour allemand alors je pouffe poliment.

- 16h45 : la kiné me regarde avec pitié. Puis me hurle dessus : « NE RIEZ PAS PETITE IMPUDENTE! Ces choses-là arrivent tous les jours. Ne parlez plus à votre mari. Soyez mystérieuse. Vous le garderez longtemps. Sinon IL VOUS QUITTERA ». Ca y est, je commence à déprimer. Elle a sûrement raison. Prince-Prince va me quitter pour ma meilleure copine. (Là j’ai un trou, j’ai pas mal de copines mais la notion de meilleure copine m’échappe un peu et j’en vois aucune prête à violer Prince-Prince. N’empêche je tremble, c’est le règlement.)

-16h50 : j’hyperventile

-16h55 : la dame me demande mon numéro de sécu. M’en souviens plus. « Vous avez pas fait assez d’enfant, alors, sinon vous le connaîtriez par coeur à force de l’écrire chez le pédiatre ». J’ai pas la force de lui répondre que les 3 enfants sont sur la sécu de Prince-Prince. Et que je n’avais jamais pensé que faire des mômes était le meilleur moyen mnémotechnique pour apprendre son numéro de sécu. Encombrant, comme astuce.

-17h00 : je veux rentrer chez moi, j’implore et je crie Maman.

- 17h15 : je suis presque libre. Avant de partir, je vois bien qu’elle veut me glisser une dernière recommandation. Je tends poliment l’oreille, m’attendant à une dernière saillie sur ma mère, mon job ou mon mari : « Vous savez ce que les pédophiles disent aux enfants pour les enlever? Que leur maman est à l’hôpital. Alors grouillez-vous d’expliquer ça à votre fille ». Je ne vois pas le rapport entre mon périnée, mes pupilles, mes meilleures copines et ces enfoirés-de-pédo mais je dois sûrement avoir grillé des neurones à cause de mon job nul.

- 17h16 : je suis dehors. Le match est fini. Jusqu’à la semaine prochaine. Priez pour moi.

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 23 mai, 2012
A 8:34
Commentaires : 9
 
 

Le temps d’apprendre à vivre il est déjà trop tard…

…Cette phrase d’Aragon me tourne dans la tête depuis cette journée de mardi, irréelle, où le soleil, la mer et la montagne étaient magnifiques au-dessus de Cannes.

Alors que nous emmenions ma grand-mère, Gabrielle, Gaby, jusqu’au caveau de famille.

Effervescence du festival, beauté du presqu’été là-bas dans le sud. Rouge sur nos yeux et noir dans nos coeur.

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard... dans Ceciel blablate gaby-216x300

 

 

 

 

 

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Par ceciel
Le 21 mai, 2012
A 7:14
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Inconnue à cette adresse

Inconnue à cette adresse dans Ceciel blablate P1100988

Qui est cette fille sur les photos, la grosse dame, là, avec les cheveux plats-moches et les bras gras ?
Qui est cette dame épuisée dont la robe mal repassée forme des plis disgracieux à chaque mouvement ?

Ah, c’est moi?

 

(Dire que j’ai été jolie, un jour)

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Par ceciel
Le 10 mai, 2012
A 21:19
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Elle est moi

Mon second prénom, c’est Gabrielle. Parceque ma grand-mère paternelle s’appelle ainsi. J’ai toujours aimé ce patronyme élégant est suranné, revenu en grâce ces dernières années à ma grande jalousie.

Elle et moi nous avons quelques choses en commun. De grands yeux clairs. Un solide sens de la critique. La voix qui parle fort. Une oreille un peu dure, la gauche. Et surtout notre débit de mitraillette.

Nous n’avons jamais passé beaucoup de temps ensemble parceque la vie, parceque leur bohème et la nôtre, leur passion pour le soleil là-bas loin de nous, parceque mon tourbillon personnel. Mais je me suis toujours sentie étrangement complice de sa drôle de personnalité que je ne comprenais pas si mal si l’on tient compte des 55 ans d’écart entre nous. Nous sommes de la race des emmerdeuses au coeur tendre, pour la faire courte.

Ces dernières années, j’ai essayé d’être un peu plus là pour elle, pour eux deux. Avec un certain succès. Des coups de fils, des lettres, des échanges, quelques skype. Et cette découverte incroyable : ma grand-mère lit mon blog!

Quelle aubaine. Si vous saviez le nombre de posts ques j’ai rédigés en me disant qu’elle me lirait, que je lui donnais ainsi les nouvelles que je n’étais pas capable de lui donner par téléphone. Ce blog a ses vertus mais aussi ses inconvénients; il me rend flemmarde. Souvent, j’imagine qu’en donnant de mes nouvelles ici je suis dispensée d’en donner pour de vrai.

Et voilà que je suis bien punie. Le temps à monologuer m’a filé entre les doigts. Et ce monologue-ci ne nourrira plus jamais de dialogue. J’ai merdé.

Elle que j’ai toujours connu si forte, langue bien pendue, accro à l’internet a décliné en quelques mois. Je n’ai rien vu venir.

Une opération de rien, une complication de rien, et le cancer de rien tout à coup, la chimio qui s’arrête bien vite, le retour à la maison et subitement la panique, et pour finir ces moments étranges où il parait qu’elle n’est plus vraiment là mais j’ai du mal à croire que même endormie et muette elle ne pose pas une certaine forme de son regard magnétique sur nous.

Alors qu’elle passe ses journées allongée sur un lit d’hôpital, silencieuse et blanche, mon grand-père veillant sur elle, je conçois bien son corps prisonnier mais j’imagine son esprit étrangement libre, voletant de l’un à l’autre pour nous faire gaiement ses adieux.

Les adieux d’une femme qui aura vécu 82 ans et des poussières. Qui sera née dans un pays qui n’existe plus, l’Algérie française. Qui aura eu ses fiertés – les plus jolis yeux de Constantine / son coup de crayon / sa langue bien pendue / 3 fils brillants – et ses douleurs – le déracinement / la répétition de « cette vie de bohémien » / la perte de mon oncle dans un salaud de  blanc manteau.

Les adieux d’une femme qui s’appelle encore Gabrielle et dont je n’imagine pas parler au passé. Les adieux d’une femme lasse, qui ne craignait pas ce moment, si ce n’est pour le mari qu’elle laisse derrière elle. Son amoureux, marin solitaire et bourru qui me disait l’autre soir dans les confidence de la nuit qu’il allait emmener sa petite femme doucement au bout, la voix claire et pleine d’une infinie tendresse.

Les adieux d’une femme dont  j’ai tant regardé la photo, autrefois, celle d’une jeune fille de 20 ans qui avait ses espoirs et des rêves. Sur la photo de belle qualité, on distingue des traits fins, une coiffure d’autrefois, le pli sage des manches et le col propret de la robe à pois. Le sourire hésite – c’est drôle je ne l’ai jamais vu hésiter, moi-  mais elle se tient droite et fière. Tout à fait elle.

Pourtant, ce qui domine cette photographie prise dans les années 50 quelque part de l’autre côté de la Méditerranée, c’est son regard, ce regard. Elle l’a conservé toute sa vie. Deux yeux verts d’eau brillants et profonds. Ils sont aujourd’hui fermés, elle dort. Impossible d’imaginer que c’est pour toujours et pourtant on me demande de le croire.

Alors avec mon grand-père nous avons décidé de combattre le silence et l’oubli en réécrivant cette vie, leur vie. 

L’impatience me brûle presque les doigts. 

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 3 mai, 2012
A 22:36
Commentaires : 3
 
 

Aujourd’hui

Aujourd’hui est paraît-il le mot préféré de Bernard Pivot. Il a plutôt bon goût je trouve.

 

Aujourd’hui j’ai semé mes graines :

 

- emmené Bébée à sa future crèche, où les dames sont gentilles mais où une énorme araignée du matin – chagrin- est venue affoler notre petite assemblée rose. Un signe? non non, vite effacer cette idée de mon tableau-cerveau.

- poursuivi sans enthousiasme un sevrage partiel pour tenter de retrouver la maîtrise de mes jours. Colères de l’intéressée. Mélancolie de moi. Mais cela passe, si mon souvenir est bon…

- réservé une semaine de vacances entre filles – bébée et moi, alones- au bord de la mer. Un peu impressionnée par cette grande perspective d’intense glandage. Un peu coupable, aussi de laisser Prince-Prince avec Godzilla et Joliepetite chez Mamie. (Ah, la culpabilité infinie de la maman).

 

Voilà comment, petit à petit, je refais mon drôle de nid. Toujours bancal, toujours secoué par les vents furieux et à peine sera-t-il stable que nous lancerons de nouvelles attaques – je nous connais-. Et me voilà passant ma vie à la recherche d’un équilibre qui n’existe pas.

La solution? Vivre aujourd’hui. (il paraît).

 

 

Dans : Ceciel blablate
Par ceciel
Le 5 avril, 2012
A 13:49
Commentaires : 0
 
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